Ecoutes américaines : des faits «inacceptables» pour l'Elysée

Nicolas Sarkozy et François Hollande© Pascal Rossignol Source: Reuters
Nicolas Sarkozy et François Hollande

Wikileaks a publié sur son site des documents prouvant qu’au cours des dix dernières années, l’Agence de sécurité nationale américaine a espionné des responsables français de haut niveau, notamment François Hollande, Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac.

A en croire les document publiés par Wikileaks, les trois derniers présidents de la république, l’ambassadeur français aux Etats-Unis, ainsi que plusieurs ministres, hauts fonctionnaires, parlementaires ou diplomates, ont été mis sur écoute par l’Agence de sécurité nationale américaine (NSA) directement ou par indirectement.

«Le peuple français a le droit de savoir que son gouvernement et ses élus sont sujets à une surveillance hostile provenant d'un allié supposé. Nous sommes fiers de notre travail avec les medias français, Libération et Médiapart, et comptons porter cette histoire à la connaissance du public. Les lecteurs français peuvent espérer des révélations plus importantes dans un futur proche», a déclaré le fondateur de Wikileaks Julian Assange dans un communiqué de presse.

Le projet de Wikileaks «Espionnage Elysée» met en lumière des numéros de téléphone, notamment celui du président français François Hollande. Ce projet présente également des résumés d'écoutes de conversations au sein du gouvernement français sur des sujets cruciaux tels que la crise financière globale et les frictions entre Paris et Washington à propos de l’espionnage américain. Parmi d’autres sujets figurent également les relations entre l’administration de François Hollande et le gouvernement d’Angela Merkel ainsi que les négociations sur la crise grecque.

Une des révélations évoque la «frustration» de Nicolas Sarkozy à propos de l’espionnage américain. «Vimont [Pierre Vimont, l’ambassadeur français à Washington] a fait savoir que le président français exprimait sa frustration sur le fait que Washington ait décidé de revenir en arrière vis à vis de l'accord bilatéral de coopération dans le domaine du renseignement», peut-on lire sur le site. 

Capture d'écran du site de Wilileaks
Capture d'écran du site de Wilileaks

En réponse à ces révélations, François Hollande envisage de convoquer une réunion avec des conseillers de la Défense pour «évaluer la nature» des informations qui ont fait l'objet de fuites et «en tirer les conclusions utiles», a indiqué l’Elysée.

En attendant, un assistant de Nicolas Sarkozy a déclaré que l’ancien président qualifiait l’espionnage d’«inacceptable», selon l’AFP.

L’Agence de sécurité nationale américaine a, pour sa part, refusé de faire des commentaires sur ce sujet, tout en soulignant qu’elle n’espionnait pas les dirigeants «en règle générale».

«En règle générale, nous ne conduisons aucune activité de surveillance ou de renseignement à l'étranger à moins qu'il y ait une raison valide telle qu'une atteinte à la sécurité nationale. Cela s'applique autant aux citoyens ordinaires qu'aux leaders du monde entier», a déclaré la NSA.

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