Détails de Minsk : de la vodka pour les journalistes, le portable de Merkel se décharge, Lavrov fume

(TATYANA ZENKOVICH / POOL / AFP) Source: AFP
(TATYANA ZENKOVICH / POOL / AFP)

Des errements nocturnes des journalistes dans le palais de l’Indépendance jusqu’au café servi aux dirigeants, RT a réuni les moments les plus amusants qui ont rythmé l'attente dans les coulisses des négociations épiques des 11 et 12 février à Minsk.

Cache-cache dans le palais

S’apitoyant sur eux-mêmes après 16 heures d’attente, les journalistes se sont repositionnés comme les vraies victimes du conflit en Ukraine.

Quelques-uns se sont consolés par des spécialités gastronomiques et des boissons approuvées personnellement par le président biélorusse Alexandre Loukachenko, lui-même ex-directeur d’une ferme collective.

Certains ont succombé au sommeil, d'autres ont pris des photos.

Chaque sortie des salles de négociations a provoqué un grabuge médiatique. Plusieurs fausses alertes ont poussé les reporters à courir à travers les sols brillants du palais et aller chercher leurs caméras en toute hâte pour s’apercevoir finalement qu’un président ou un ministre des Affaires étrangères avait juste pris une pause.

Angela Merkel a causé la plus grande fausse alarme à son apparition. On attendait de grandes nouvelles de sa part mais il s’est avéré que la chancelière allemande avait juste besoin d’un chargeur pour son téléphone portable.

Un journaliste russe a dit qu’à un moment, l’attente tendue s'est transformée en jeu pour «trouver le politicien» alors que les hordes de journalistes assoiffés d'informations fraîches prenaient en chasse toutes les personnalités politiques à travers les couloirs du palais de l’Indépendance.

Une journaliste envoyée par l’agence de presse Interfax a été transportée à l’hôpital après être tombée de fatigue pendant la nuit blanche, elle n'est peut-être pas la seule.

Il y avait de la discipline et de l’indiscipline.

Un journaliste russe a crié au président ukrainien à son arrivée : «Pourquoi vous bombardez des civils, M. Porochenko?»

Après que son cri inopportun a arrêté de résonner dans le hall massif, le fauteur de troubles a perdu son accréditation.

Il y a eu aussi le #barkinggate. Les caméras ont capturé un incident entre un journaliste russe et des journalistes ukrainiens. Un employé de LifeNews visiblement irrité a littéralement aboyé sur ses confrères de Kiev après les présentations. La sécurité du palais est intervenue. Le journaliste de LifeNews se serait excusé puis a été autorisé à rester dans le palais.

 

Tous les yeux sur une poignée de main

 

Le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Petro Porochenko sont déjà devenus célèbres pour leurs poignées de main glaciales (plus de 900 mille vues sur YouTube). Cette fois-là, les deux dirigeants se sont surpassés en échangeant une salutation imperceptible presque ratée par les caméras. En contraste, la poignée de mains de septembre semblait presque cordiale.

 

Le président serveur

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko, qui a reçu des accolades aussi bien de Poutine que de Porochenko, était visiblement le seul dirigeant sans intérêt explicite à faire jouer dans les négociations.

Poutine, en particulier, a été pris en photo riant chaleureusement à ses côtés, en contraste avec les sombres expressions aperçues sur d'autres visages au Palais de l’Indépendance.

Loukachenko n’a pas dormi un instant cette nuit-là. Sur un ton ironique, il a déclaré qu’il a fait office de «livreur de provisions», et ce n’était pas une métaphore. Pour distraire les médias, il a précisé que les dirigeants ont eu droit aux meilleurs œufs, fromages et produits laitiers de Russie et de Biélorussie, ainsi qu’à de nombreuses tasses d'un café avec lequel on peut «veiller sans un seul claquement de sourcil».

«Comme à la guerre, il faut des “munitions” pour tenir sur le front de négociations de paix. L'approvisionnement était à ma charge, et j’ai rempli ma mission le mieux possible», a-t-il confié aux médias tout en précisant que les participants aux négociations, contrairement aux journalistes, n’ont pas bu une goutte d’alcool.

Loukachenko, qui se présentera pour la cinquième fois aux élections présidentielles biélorusses cette année, est aussi au centre de la vidéo la plus virale et trompeuse du sommet où on le voit retirant un chaise derrière Vladimir Poutine.

Regardez attentivement.

 

Le crayon cassé de Poutine

 

Avec les dirigeants bouches cousues et le résultat incertains jusqu’à la fin, les analystes en fauteuil ont sauté sur une image de Vladimir Poutine tenant un crayon vert pendant les négociations, crayon qu'on a vu cassé en deux peu après.

Qu’est-ce que cela signifiait?

La photo a été identifiée comme un faux.

 

«Une mauvaise nuit pour un meilleur matin»

 

L’homme le plus décontracté du sommet était le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, qui s’est éclipsé plusieurs fois pour fumer une cigarette. La boutade du ministre, qui a lancé à la presse en revenant du coin fumeurs que les négociations se déroulaient «mieux que super», pourrait bien être LA bonne blague du sommet.

Finalement, tous les dirigeants sont apparus pour donner des conférences de presse séparées à leurs pools médiatiques respectifs. Merkel a parlé d’une «lueur d'espoir», Porochenko semblait plus sceptique.

Vladimir Poutine a été le premier à parler, il a résumé les 17 heures de négociations en sept minutes : «Je n’ai pas passé la meilleure nuit de ma vie, mais je peux dire que c’est une bonne matinée parce que, malgré toutes les difficultés liées aux négociations, nous avons pu tomber d’accord sur l’essentiel».

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