Pour le pape, supprimer des emplois peut être considéré comme «un péché gravissime»

Pour le pape, supprimer des emplois peut être considéré comme «un péché gravissime» Source: Reuters
Ce n'est pas la première fois que le pape François tient des propos dans la même veine

Fermer des usines et supprimer des emplois pour des motifs économiques troubles constitue «un péché gravissime», a lancé le pape François sur la place Saint-Pierre à l'occasion de son audience générale du mercredi 15 mars.

«Le travail vous donne de la dignité, les responsables politiques et les dirigeants ont l'obligation de tout faire pour que chaque homme et chaque femme puisse travailler et ainsi garder la tête haute, regarder les autres en face avec dignité». Ces mots ne sont pas ceux d’un syndicaliste ou d’un révolutionnaire. Ils ont été prononcé le 15 mars au Vatican par le pape François.

Un habitué de ce genre de discours

Improvisant sur un thème qui lui est cher, le souverain pontife a enchaîné : «Celui qui pour des manœuvres économiques, pour réaliser des affaires pas complètement claires, ferme des usines, ferme des entreprises et supprime le travail d’hommes, cette personne fait un péché gravissime».

La situation se prêtait particulièrement à ce type de discours. Massé sur la place Saint-Pierre de Rome, un groupe de travailleurs du bouquet de chaînes satellitaires Sky Italia, soumis à un projet de plan social prévoyant notamment 200 licenciements et 300 mutations, était présent.

Et le chef de l’Eglise catholique romaine a tenu à les encourager, récoltant de vifs applaudissements : «J'ai une pensée spéciale pour les travailleurs de Sky Italia et j'espère que leur situation de travail pourra trouver une solution rapide, dans le respect des droits de tous, surtout des familles».

Ce n’est pas la première fois que le Vatican se mue en tribune pour le pape afin de s’en prendre au néolibéralisme. Le premier souverain pontife sud-américain a déjà plusieurs fois pris la défense de travailleurs menacés de licenciement, fustigeant «l'argent-roi» et la finance aveugle. Parfois accusé d’être «marxiste», il toujours rejeté ce qualificatif. Il justifie ses prises de positions, jugées parfois radicales, par la doctrine sociale de l'Eglise, formulée à la fin du XIXème siècle sous le pape Léon XIII.

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