Le rapport de l’ONU accuse Israël et le Hamas de crimes de guerre durant le conflit de l'été 2014

Une explosion à Gaza Source: Reuters
Une explosion à Gaza

La commission des Nations Unies qui enquête sur les possibles crimes de guerre commis par les deux parties prenantes au conflit israélo-palestinien pendant la guerre de Gaza en 2014 a appelé à traduire les responsables en justice.

Publié lundi, le rapport de la commission établi par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies accuse les militaires israéliens de même que les combattants du Hamas d’avoir plusieurs fois violé le droit international dans leur manière de mener les combats.

Israël est ainsi accusé d’avoir visé délibérément des maisons d’habitation et avoir fait un usage excessif de l’artillerie dans des zones civiles. Le rapport appelle le gouvernement israélien à expliquer ses «décisions de ciblage», en citant 15 cas singuliers où 216 civils ont péri dans des attaques sur des maisons qui ont été cilblées pour des raisons inconnues.

«Plusieurs de ces incidents ont eu lieu le soir et à l’aube, lorsque les familles se rassemblent pour rompre le jeûne en cette période de ramadan, où encore dans la nuit, lorsque les civils dorment. Le choix du moment de ces attaques a augmenté la chance de tuer un maximum de victimes», peut-on lire dans le rapport.

La commission a également remis en question les déclarations d’Israël d’avoir agit conformément au droit international en faisant tout son possible pour prévenir les civils des attaques à venir, en soulignant que les avertissements donnés étaient très souvent inefficaces ou que les civils ne savaient pas où ils pouvaient se réfugier. En effet, 44 % du territoire de la bande de Gaza était constamment dans un état d’évacuation ou sous une attaque, ne laissant pas de refuge à la population.

De son côté, le Hamas et d’autres groupes palestiniens sont accusés d’avoir effectué des attaques sans discrimination au mortier, ainsi que d’assassinats de collaborateurs palestiniens présumés.

Les autorités israéliennes ont dénoncé la publication de ce rapport, dont la production a été, selon eux, «motivée politiquement». «Il est regrettable que le rapport n’arrive pas à reconnaître la profonde différence entre la conduite morale d'Israël pendant l’opération «Bordure protectrice» et les organisations terroristes auxquelles il faisait alors face», a déclaré lundi le porte-parole du ministère israélien de la Défense.

A la veille de la publication du rapport, Israël est passé à l'offensive sur le plan médiatique en publiant sa propre version, qui légitime son opération à Gaza en la qualifiant de «guerre morale et défensive». Le rapport d’Israël souligne ses efforts à éviter les pertes civiles et se focalise sur les violations des droits de l’homme et les crimes de guerre commis par le Hamas.

Lundi également, un groupe israélien d’activistes des droits de l’homme B’Tselem a fustigé les arrestations chroniques de palestiniens par l'armée israélienne devenues une «pure formalité» ainsi que les techniques de controle au faciès.

«Dans plusieurs cas, la décision d’arrestation d’un individu signifie pratiquement sa condamnation», lit-on dans la déclaration du groupe, qui ajoute que plusieurs accusés acceptent de plaider coupables tout simplement parce qu’il peuvent être détenus en garde à vue pour une période encore plus longue s’ils refusent de la faire.

Dans le conflit qui s’est renflammé juillet dernier, plus de 2 000 palestiniens, dont des centaines de civils, ont été tués, d’après l’ONU et les autorités palestiniennes. Du côté israélien, 73 victimes ont été dénombrées.

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