L’Europe se lève contre l’austérité : des dizaines de milliers de personnes ont pris la rue

Les habitants de Londres à la manifestation contre l'austérité Source: Reuters
Les habitants de Londres à la manifestation contre l'austérité

Sur un continent touchée par la crise, de nombreux gouvernements ont eu recours à des mesures d’austérité. Mais celles-ci impactent le plus les simples citoyens qui, en protestation, ont organisé plusieurs manifestations samedi partout en Europe.

La manifestation la plus importante s’est déroulée à Londres. Selon les rapports des médias et des témoins, quelque 250 000 personnes sont descendues dans les rues. Beaucoup ont manifesté leur mécontentement face à la deuxième victoire de David Cameron aux élections malgré le fait qu’une majorité de la population n’ait pas voté pour lui. Ce dernier veut mettre en œuvre des mesures de restriction budgétaire pour les cinq années à venir et cela ne plait pas à la population britannique qui s’est déjà rassemblée plusieurs fois depuis les élections du mois de mai. 

Les militants présents aux manifestations brandissaient des bannières disant «Non aux restrictions budgétaires», «On ne veut plus d’austérité», «Arrêtez la guerre, pas les allocations» et «Ecartez les Tories». «Nous luttons pour chaque livre», «Le gouvernement nous prend tout le temps notre argent» et «Où cela nous mène-t-il ?», ont dit les manifestants à RT.

Les organisateurs ont prévenu que la manifestation de samedi n’était que le début d’une campagne nationale. «C’est le commencement d’une campagne de protestations, de grèves, d’actions directes et de désobéissance civile dans le pays. Nous ne nous calmerons pas jusqu’à ce que l’austérité devienne de l’histoire ancienne», a dit Sam Fairbairn, l’un des dirigeants du mouvement contre les mesures d’austérité «the People's Assembly» aux médias britanniques.

L’austérité préoccupe également son voisin d’outre-Manche, la France, où des milliers de personnes se sont rassemblés contre la politique d’austérité dans leur propre pays et contre les décisions de l’Europe à l’encontre la Grèce, à laquelle ils ont exprimé leur solidarité.

Les manifestants à Paris, dont le nombre était estimé à 3 500 selon la police, agitaient des drapeaux grecs et chantaient des messages comme «La dette publique, ce n’est pas à cause de nous» et «Tous ensemble, tous ensemble, SY-RI-ZA», en soutien au parti grec au pouvoir.

Ce rassemblement a accueilli quelques hommes politiques de premier plan, comme par exemple Jean-Luc Mélenchon, le fondateur du Parti de gauche, qui a fustigé la politique actuelle du gouvernement : «François Hollande a commis une grave erreur en laissant les choses s'envenimer à ce point», a-t-il dit à l’AFP. Selon lui, le plus grand coupable de cette situation est l’Allemagne, dont la politique est la cause de beaucoup de problèmes : «c'est l'absurde rigidité du gouvernement allemand qui nous a amené dans cette impasse».

Une partie des citoyens allemands approuve ces mots, alors que jusqu’à 10 000 personnes ont été comptabilisées dans les rues de Berlin. Des gens appartenant à des organisations très diverses et portant des revendications toutes aussi variées se sont rassemblées derrière ce message commun : «pour une meilleure Europe», en critiquant le comportement de leur gouvernement envers la Grèce. 

L’Allemagne étant le trésorier principal de l’Europe, il est responsable d’après les manifestants, des politiques d’austérité en Europe du Sud, «à des nations comme la Grèce». «Nous ne sommes pas du côté du gouvernement allemand, ni de Bruxelles ; mais nous sommes aux côtés du peuple grec», rapporte l’un des manifestants lors d’une interview à RT.

Un grand nombre d’italiens partage cette opinion. Même si la manifestation devant le Colisée était principalement en faveur des réfugiés, certains participants ont exprimé leur solidarité à la Grèce.

Peut-être que les autorités de ces pays sont réticentes à aider la Grèce tant qu’elle ne met pas en œuvre plus de mesures restrictives, mais les citoyens européens continuent d’exprimer leur solidarité envers le peuple grec. Celui-ci porte supporte de pesantes mesures d’austérité contre lesquelles Alexis Tsipras, Premier ministre grec, essaie de lutter.  

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