Fabius au Proche-Orient va tenter de négocier la paix

Laurent Fabius avec le Premier ministre, Benyamin Netanyahu en 2013, lors d'une précédente tournée Source: Reuters
Laurent Fabius avec le Premier ministre, Benyamin Netanyahu en 2013, lors d'une précédente tournée

Le ministre des Affaires Etrangères se rend les 20 et 21 juin au Proche-Orient. Un programme chargé pour Laurent Fabius qui va tenter de relancer le processus de paix, au point mort depuis un an.

C'est la quatrième fois que Laurent Fabius se rend dans la région depuis 2012. Mais la visite de ce week-end revêt une importance particulière pour la diplomatie française, car la France va en effet essayer de reprendre la main dans l'épineux dossier du Proche-Orient après l'échec des Etats-Unis.

Egypte, Jordanie, Palestine puis Israël

Le site du ministère des Affaires Etrangères nous apprend que le chef de la diplomatie française va commencer sa tournée par l'Egypte où il rencontrera le président Sissi, son homologue Sameh Shoukry, ainsi que les représentants du comité de la Ligue arabe chargé du processus de paix. En Jordanie, Laurent Fabius s'entretiendra avec son homologue puis aura les honneurs du Roi Abdallah II. Il se rendra ensuite à Ramallah pour discuter avec Mahmoud Abbas puis terminera sa visite à Jérusalmen auprès du Premier ministre Benyamin Netanyahu.

L'objectif affiché par la diplomatie française est la relance du processus de paix, dans un cadre international et avec un calendrier précis. Depuis l'échec des pourparlers menés par le Secrétaire d'Etat américain, John Kerry, au printemps 2014, la France ambitionne de reprendre la main dans cette région du monde, traditionnellement dévolue au pays de l'Oncle Sam. «La méthode du face à face entre les Israéliens et les Palestiniens sous égide américaine a échoué. Il faut un accompagnement international accru, il faut sortir du tête à tête entre les deux parties», insiste-t-on à Paris.

La diplomatie français aimerait en effet réunir des acteurs internationaux autour du processus de paix au Proche-Orient, l'ONU, la Ligue Arabe mais aussi l'Union européenne. Le tout sans fâcher les Américains afin d'éviter un veto au Conseil de Sécurité, si une résolution devait être déposée dans le futur. Un véritable numéro d'équilibriste dans un contexte pour le moins défavorable

Un gouvernement très à droite en Israël, des politiques divisés en Palestine

Israël possède en effet depuis le mois de mai le gouvernement le plus à droite de son histoire avec à sa tête Benyamin Netanyahu, et la colonisation se poursuit sans relâche, réduisant à peau de chagrin l'espoir d'une solution à deux pays. Côté palestinien, la guerre de pouvoir entre le Fatah, qui a la main en Cisjordanie, et le Hamas qui tient Gaza, ne laisse pas entrevoir d'interlocuteur réellement fiable avec qui la communauté internationale pourrait discuter.

Laurent Fabius bien conscient du défi qui l'attend ce week-end avait d'ailleurs tenu à calmer les ardeurs des uns et des autres. «Personne ne peut dire s'il y aura un résultat positif» a-t-il prévenu devant l'Assemblée nationale, il y a quelques jours à peine. Ainsi selon un diplomate français, l'intérêt que porte Paris au conflit israélo-palestinien est à mettre également en lien avec Daesh. «Daech pourrait aujourd'hui s'intéresser au conflit israélo-palestinien et ce serait un risque majeur d'explosion régionale», a ainsi déclaré à l'AFP une source du Quai d'Orsay disant être particulièrement préoccupée par la montée des groupes salafistes dans la bande de Gaza.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Enquêtes spéciales