Grèce: les épargnants craignent pour leurs bas de laine

Les épargnants grecs ont retiré des banques 3 milliards d'euros depuis lundi© Alkis Konstantinidis Source: Reuters
Les épargnants grecs ont retiré des banques 3 milliards d'euros depuis lundi

Le pessimisme est désormais palpable en Grèce, où les petits épargnants sont venus en nombre retirer leurs économies aux guichets des banques : 3 milliards d'euros depuis lundi, 1 milliard rien que pour la journée d'hier.

Le gouverneur de la Banque de Grèce a déjà rédigé deux communiqués depuis ce matin. Dans chacun d'eux, Yannis Stournaras se montre optimiste sur l'avenir de la Grèce. «La distance à parcourir pour un accord n'est pas grande», dit-il, rappelant que le «système bancaire grec est stable». Des déclarations «rassurantes» qui visent à empêcher le pire scénario que l'on puisse imaginer pour une Grèce, déjà fragilisée : une panique bancaire.

3 milliards d'euros en 5 jours

En effet, selon plusieurs sources bancaires, les petits épargnants grecs ont déjà retiré en liquide plus de 3 milliards d'euros depuis lundi, soit 2,2% des dépôts des ménages et des entreprises détenus par les banques grecques à la fin avril. La journée de jeudi, avec l'échec de l'Eurogroupe consacré à la Grèce, a été la pire : 1 milliard d'euros extraits du système bancaire grec en quelques heures. 

Si pour le moment, ces mêmes sources affirment que les Grecs «ne font pas la queue aux guichets» mais qu'il s'agit plutôt d'une «phase calme et progressive de retraits», le souvenir de la ponction brutale effectuée sur les comptes bancaires chypriotes ordonné par le FMI il y a deux ans, hante les Grecs.

Les banques chypriotes avaient fermé 12 jours en mars 2013 afin d'éviter des fuites de capitaux© Capture d'écran réalisée sur le site du Figaro
Les banques chypriotes avaient fermé 12 jours en mars 2013 afin d'éviter des fuites de capitaux

En 2013, alors que l'île de Chypre, surendettée, était au bord du gouffre, l'Europe et le FMI avaient en effet conditionné leur aide financière (10 milliards d'euros) à une taxation exceptionnelle des dépôts bancaires :  6,75 % sur tous les comptes de moins de 100 000 euros,  9,9 % au delà. Les petits épargnants s'étaient alors rués aux guichets pour retirer leurs bas de laine, contraignant les banques à fermer leurs portes pendant 12 jours. Face à l'ampleur de la grogne, la taxation des dépôts en dessous de 20 000 euros avait finalement été abandonnée par le gouvernement quelques jours plus tard.

Le scénario de la panique anticipé par l'UE

Selon le journal allemand Süddeutsche Zeitung, les européens réfléchiraient d'ailleurs en ce moment à un plan visant à mieux «contrôler les flux financiers» grecs en cas d'échec des négociations d'ici la fin du mois. Il s'agirait, comme à Chypre, de «fermer les banques grecques quelques jours», puis de «plafonner les retraits au guichet» pour éviter des retraits massifs de liquidités, détaille le quotidien qui ne cite pas ses sources. Des mesures qui ne pourraient, de toute façon, être prises qu'avec l'aval du Parlement grec. La panique bancaire peut avoir un effet très destabilisant dans nos systèmes financiers, basés essentiellement sur la confiance entre l'épargnant et l'institution.

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