Poutine : «Malgré les sanctions, l’Europe reste le premier partenaire économique de la Russie»

Le président russe Vladimir Poutine se prononce sur le forum économique à Saint-Pétersbourg Source: RIA NOVOSTI
Le président russe Vladimir Poutine se prononce sur le forum économique à Saint-Pétersbourg

En se prononçant dans le cadre d’une session questions-réponses au forum économique de Saint-Pétersbourg, le président Poutine a exprimé l’espoir de voir la Russie et l’UE «se débarrasser des sanctions» et travailler ensemble.

«Evidemment, nous voudrions éviter d’entreprendre des actions de rétorsion en réponse à celles imposées à la Russie par nos partenaires européens», a déclaré Vladimir Poutine en parlant de l’impact des sanctions occidentales sur la situation géopolitique de son pays. D’après les chiffres cités par le président, le chiffre d’affaires bilatéral avec l’Europe a chuté de presqu’un quart, alors que les importations en Russie ont subi une réduction de 50 %.

Cependant, l’Europe se trouve également profondément impactée par les restrictions contre la Russie, imposées, comme l’a remarqué le dirigeant, sans l’approbation de l’ONU. «Les pertes de l’Europe, qui reste le premier partenaire économique de l’ Russie malgré les sanctions, atteignent 100 milliards d'euros», a annoncé Poutine, en reprenant notamment les statistiques publiées ce jour par l’ institut autrichien des études économiques WIFO.

Dans cette situation compliquée pour les deux parties, le président russe a appelé les autorités de l’UE à renouer la coopération et un dialogue constructif. «Personne ne veut plus de pertes, surtout au moment où les experts européens parlent de «stagnation» économique au sein de l’UE. Nous devons nous débarrasser des sanctions et recommencer à travailler ensemble», a estimé Poutine.

«On ne peut résoudre le conflit armé au Moyen-Orient par l’ingérence militaire extérieure»

Selon le président Poutine, le soutien qu’a toujours accordé la Russie, contrairement à d’autres membres de la communauté internationale, à Bachar al-Assad est fondé sur les craintes que la situation peut dégénérer dans le pays pour devenir finalement incontrôlable.

«Nous avons peur que la Syrie ne soit plongée dans le même état que la Lybie où l’Irak», a expliqué le dirigeant, en rappelant qu’avant le début de la guerre américaine en Irak et la mort de son leader Saddam Hussein, la menace terroriste était incomparablement moindre qu’actuellement.

«En ce qui concerne la Libye, c’est un pays en pleine désintégration, l’état n’y existe pratiquement pas. Nous ne voulons pas de ce scénario en Syrie, et c’est pourquoi nous soutenons Assad», a raconté Poutine.

Dans ce contexte, le dirigeant russe a encore une fois appelé les partenaires occidentaux de la Russie à entreprendre des efforts complémentaires pour lutter contre Daesh et les autres organisations extrémistes, qu’il qualifie d’ailleurs de «mal absolu». Cependant, selon Poutine, la seule façon de vraiment combattre le terrorisme est «la voie politique, la transformation du régime politique par les réformes».

«On ne peut pas résoudre le conflit armé au Moyen-Orient par l’ingérence militaire extérieure», estime Poutine.

«Le retrait unilatéral USA du traité ABM conduit la Russie à la course à l'armement»

En répondant à la question concernant les relations russo-américaines, Vladimit Poutine a noté que les Etats-Unis essayent d’imposer à la Russie ses propres standards sans comprendre les intérêts de cette dernière. «Laissez-nous décider nous-mêmes de nos besoins en nous basant sur notre culture et notre mentalité», a lancé le président russe.

De plus, Washington est en train de saper la sécurité internationale en poussant la Russie vers une nouvelle course aux armements. «Ce ne sont pas les conflits militaires, mais les décisions unilatérales, comme le retrait des Etats-Unis du traité ABM qui conduisent vers une nouvelle guerre froide», a déclaré Poutine.

Il a dit que Washington ne pouvait exiger de la Russie de se positionner «soit avec les Etats-Unis soit contre les Etats-Unis». «Ce n’est pas du dialogue. C’est un ultimatum, et on ne peut pas parler à la Russie dans la langue des ultimatums», a souligné le dirigeant.

«Les autorités de Kiev violent leur propre Constitution»

«Si les autorités kiéviennes considèrent que ce sont des citoyens ukrainiens qui habitent sur ces territoires [du Donbass], ils n’ont pas le droit de les démunir, par exemple des pensions obtenues conformément à la législation ukrainienne. Ils contredisent leur propre constitution», a noté le président russe.

D’après Vladimir Poutine, la résolution de la crise dans le Donbass ne peut être atteinte qu’à travers le dialogue entre Kiev et le Donbass.

«Malheureusement, on ne voit toujours pas de dialogue direct, il commence juste à peine. On a crucialement besoin d’organiser un dialogue direct entre Lougansk, Donetsk et Kiev», a estimé le dirigeant.

Il a noté que la communauté internationale appelle sans cesse la Russie à influencer le Donbass pour le contraindre à respecter les accords de Minsk. «Et nous le faisons de notre côté», a assuré Vladimir Poutine. «Mais pour assurer le respect du cessez-le-feu, il faut aussi faire pression sur les autorités ukrainiennes, ce que nous ne pouvons pas faire. Cela revêt de la compétence de nos partenaires européens et américains».

«On pensait que la Russie allait entrer dans une profonde crise. Cela n’est pas arrivé»

Malgré la chute des prix de principaux produits d’exportation de la Russie et l’absence d’accès aux marchés financières internationaux, l’économie russe n’est pas entrée dans une «profonde crise», comme le prévoyaient les principaux acteurs internationaux, a déclaré le président de la Russie.

«Nous avons stabilisé la situation, étouffé les changements négatifs de la conjoncture et traversé avec succès cette période difficile», a annoncé le président lors de la session plénière du forum économique international à Saint-Pétersbourg.

Vladimir Poutine a noté que l’introduction des sanctions a poussé la Russie à remplacer les produits jadis importés par la production nationale. En plus, a-t-il souligné, «en répondant à des restrictions extérieures, nous essayons au contraire d’augmenter la liberté et le caractère ouvert de l’économie russe».

«Il s’agit de l’essentiel de notre politique réelle, du travail que nous réalisons sur la création de conditions favorables aux affaires, de la recherche de nouveaux partenaires et de nouveaux marchés», a noté Poutine.

Dans le cadre du développement des relations avec les pays de la région de l’Asie-Pacifique, le président a estimé que le renforcement du partenariat avec l’Est une partie extrêmement importante de la stratégie de développement économique de la Russie, notamment dans les régions de l’Extrême-Orient.

«Nous sommes ouverts à la coopération avec tous ceux qui sont prêts à travailler main dans la main[avec la Russie], dans un esprit d’égalité et de respect mutuel, tous ceux qui sont intéressés dans la réalisation de projets communs», a rappelé Poutine.

Parmi les partenaires les plus importants de la Russie, il a noté les pays des BRICS, ainsi que ceux de l’Amérique latine. «Cependant, cela ne veut pas dire que la Russie prêtera moins d’attention à nos partenaires traditionnels que sont les pays d’Occident», a déclaré le dirigeant russe. «La Russie est ouverte au monde et à la coopération».

Vladimir Poutine a exprimé la certitude qu’une telle politique et un tel dialogue favorise les intérêts de tous et aide à préserver la confiance, qui sert de fondation à la coopération.

«Une tâche importante s’est dressée devant nous. La Russie va poursuivre son développement et conquérir de nouveaux marchés. (…) Je suis absolument sûr que nous réussirons», a dit pour conclure le président.

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