Après avoir touché une compensation après son passage à Guantanamo, il finit kamikaze pour Daesh

- Avec AFP

Après avoir touché une compensation après son passage à Guantanamo, il finit kamikaze pour Daesh© Capture d'écran vidéo de propagande de l'Etat islamique
Ronald Fiddler

Le djihadiste qui a commis un attentat suicide en Irak près de Mossoul était un Britannique qui avait été détenu à Guantanamo, selon son frère, cité le 22 février par le Times.

L'EI avait annoncé qu'un djihadiste britannique s'était fait exploser dans un attentat suicide contre les forces irakiennes près de Mossoul, dans le nord de l'Irak. SITE, centre américain de surveillance des sites djihadistes, avait reproduit le 20 février une photo de l'homme diffusée par l'EI.

Il s'agit de Jamal al-Harith, un Britannique qui avait été détenu entre 2002 et 2004 au centre de détention américain de Guantanamo, a déclaré son frère Leon Jameson au quotidien britannique Times.

«C'est lui, je reconnais son sourire. Si c'est vrai [qu'il a commis un attentat suicide], j'ai perdu un frère», a-t-il déclaré au quotidien.

Selon la chaîne de télévision britannique Channel 4 News, un autre membre de la famille, dont le nom n'est pas cité, et une autre source anonyme ont confirmé que l'homme figurant sur la photo publiée par SITE était bien Jamal al-Harith.

Ce document le montre souriant, portant une tenue de camouflage et semblant être assis dans un véhicule équipé de fils électriques et de commutateurs.

Le gouvernement britannique a déclaré qu'il n'était pas en mesure de confirmer ces informations.

«Comme tous les services consulaires britanniques sont suspendus en Syrie et très limités en Irak, il est extrêmement difficile de confirmer la localisation et la situation de citoyens britanniques dans ces zones», a déclaré à l'AFP un porte-parole du gouvernement.

Une compensation financière

Jamal al-Harith, né Ronald Fiddler, était un Britannique d'origine jamaïcaine converti à l'islam. Il avait été incarcéré en Afghanistan par les talibans parce qu'il avait un passeport britannique.

Après la chute du régime des miliciens islamiques, il avait été arrêté début 2002 par les troupes américaines déployées en Afghanistan et envoyé à Guantanamo, où il a déclaré avoir subi des tortures et des traitements dégradants.

Rentré en Grande-Bretagne en 2004, il avait été brièvement interrogé par la police concernant ses activités en Afghanistan puis remis en liberté. Après des poursuites contre l'Etat britannique, il avait réussi à obtenir la somme d'un million de livres de compensation qu'il s'était partagé avec trois autres détenus, a indiqué sa famille. La justice britannique aurait estimé que des agents s'étaient rendus coupables de complicité, ou tout du moins auraient été au courant des mauvais traitements qu'ils auraient subis. 

Harith s'était ensuite rendu en Turquie d'où il était passé en Syrie en avril 2014, a indiqué la BBC en s'appuyant sur des documents de l'Etat islamique.

Lire aussi : 15 ans du camp de Guantanamo : retour sur l'histoire du tristement célèbre «camp de torture»

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