Merkel semble la seule à croire encore à une sortie de crise en Grèce

Le parlement grec à Athènes© Yannis Behrakis Source: Reuters
Le parlement grec à Athènes

Une réunion de l'Eurogroupe se tient en ce moment au Luxembourg pour tenter de trouver un terrain d'entente entre la Grèce et ses créanciers. Personne n'imagine vraiment qu'un accord sera trouvé d'ici ce soir...sauf la Chancelière allemande.

Alors qu'Athènes se rapproche dangereusement du défaut de paiement, donnant corps un peu plus chaque jour au scénario du Grexit, il semble régner une certaine confusion au sein de l'Union européenne. La réunion des 19 ministres des Finances de la zone euro avec le FMI qui était présentée comme de nouveau «décisive» il y a encore quelques jours, semble désormais vouée à l'échec. 

Merkel vs Schäuble et les autres

«Je reste persuadée que quand on veut, on peut», a ainsi déclaré ce matin Anglela Merkel devant les députés allemands du Bundestag, avant de poursuivre: «si les responsables grecs ont cette volonté, un accord reste possible entre la Grèce et les trois institutions».

Un optimiste qui jure avec la lassitude affichée ces dernières heures par tous les autres protagonistes, dont notamment le propre ministre des Finances d'Angela Merkel. Wolfgang Schäuble a ainsi déclaré hier qu'il n'avait que «peu d'espoir [de parvenir] à un dénouement» à l'occasion de l'Eurogroupe de jeudi. Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici s'est, lui, contenté d'espérer que la réunion serait «utile». Quant au ministre Grec des Finances, il n'a pas non plus caché son pessimisme sur les chances de réussite de cet Eurogroupe. «Maintenant ce sont les dirigeants politiques qui doivent parvenir à un accord» a confié Yanis Varoufakis tablant plus sur un sommet des chefs d'Etat européens pour trouver une solution. 

Le FMI ne lâche rien

Si la Grèce et ses trois créanciers (FMI, BCE, UE) semblent d'accord sur l'ampleur des efforts budgétaires à fournir dans les prochains mois, ces derniers ne partagent pas la même opinion sur la manière d'y parvenir. Impensable pour Athènes de sacrifier les retraites de ses citoyens ni d'augmenter la TVA sur l'électricité.

Le FMI qui attend un remboursement de 1,5 milliard d'euros de la part de la Grèce d'ici la fin du mois, a douché tous les espoirs de ceux qui espéraient un geste de «clémence» de sa part. «J’ai une échéance le 30 juin. Il n’y a pas une période de grâce. Si le 1er juillet, ce n’est pas payé, ce n’est pas payé» a ainsi déclaré Christine Lagarde, en préambule de l'Eurogroupe.

La Grèce, pressée de rembourser ses dettes est donc totalement dépendante du versement du second volet du plan d'aide européen de 7,2 milliards d'euros que l'Europe lui a promis. Un sommet européen extraordinaire pourrait selon plusieurs sources diplomatiques se tenir ce week-end pour tenter une nouvelle fois de sortir la Grèce de l'ornière.

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