Canada : ouverture de trois salles de shoot au Québec

Canada : ouverture de trois salles de shoot au Québec Source: Reuters
Equipement type mis à la disposition des utilisateurs des salles d'injection.

Le gouvernement canadien a approuvé le 6 février l'ouverture à Montréal de trois salles d'injection pour les toxicomanes, communément appelées «salles de shoot», pour contrer l'explosion d'overdoses mortelles.

Il n’existe qu’une seule «salle de shoot» en Amérique du Nord : celui de Vancouver en Colombie-Britannique, ouvert en 2003. Il ne sera bientôt plus seul. Trois nouvelles salles d'injection supervisée de Montréal ouvriront dans les arrondissements centraux de Hochelaga-Maisonneuve et Ville-Marie, a annoncé la ministre canadienne de la santé, Jane Philpott.

Par ailleurs, une demande concernant la création d'une unité mobile visant à offrir des services dans les quartiers les plus éloignés de Montréal continue d'être examinée par le gouvernement fédéral, a précisé le maire de la métropole québécoise, Denis Coderre.  

«Les sites de consommation supervisée ont donné des résultats positifs au Canada ainsi que dans d'autres pays», a déclaré Jane Philpott en approuvant la demande faite par les autorités montréalaises de la santé en décembre 2013.

«La transmission de maladies et les décès par surdose diminuent, de même que les infections, les visites aux urgences et les hospitalisations associées à la consommation de drogues injectables», a-t-elle ajouté.

En 2011, la Cour suprême du Canada avait débouté le précédent gouvernement conservateur de Stephen Harper qui avait tenté de fermer le centre de Vancouver.

Flambée d’overdoses

Malgré le bilan positif présenté par Jane Philpott, il faut prendre en compte que cette décision des autorités intervient alors que le pays fait face à une recrudescence d’overdoses mortelles aux opiacés. Le gouvernement libéral de Justin Trudeau a donc annoncé la suppression d'une longue liste de critères imposés par l'ancien gouvernement pour l'ouverture de «salles de shoot».

Le fentanyl, un puissant sédatif présenté par la police fédérale comme étant «d'une puissance 100 fois supérieure à celle de la morphine», est l'objet de toutes les préoccupations. Il est le premier responsable de cette vague de décès.

La Colombie-Britannique concentre à elle-seule 914 décès par overdose sur son territoire, causés aux deux tiers par le fentanyl et pour la seule année 2016 selon le gouvernement de la province.

Ottawa, Toronto et plusieurs autres villes canadiennes envisagent également l'ouverture de «salles de shoot».

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