Le Sunday Times veut censurer Glenn Greenwald

Glenn Greenwald et le Sunday Times sont entrés en conflit. Source: Reuters
Glenn Greenwald et le Sunday Times sont entrés en conflit.

Dans la tourmente depuis la publication d’un article sur les dégâts qu’auraient engendré les révélations d’Edward Snowden, le Sunday Times est décidé à faire censurer un article de son principal détracteur… en utilisant les droits d’auteur.

Acculé, dans les cordes, l’hebdomadaire contre-attaque. Il a décidé de réduire au silence son principal adversaire. Pour rappel, dans son édition du 14 juin, le Sunday Times a publié un article intitulé : «Des espions britanniques vendus aux Russes et au Chinois». Un papier aux sources anonymes qui mettait en exergue le danger que courrait les agents britanniques. Les documents top-secret en la possession de Snowden seraient, selon le journal, tombés dans les mains des renseignements russe et chinois.

En savoir plus : L’article de Sunday Times est «le pire du journalisme» pour Glenn Greenwald

Si beaucoup de médias ont critiqué le papier, les attaques les plus vives sont venues de Glenn Greenwald. Le premier journaliste a avoir rencontré Snowden a étrillé l’article du Sunday Times dans une tribune publiée sur son site The Intercept. Le qualifiant de démonstration de «ce que le journalisme peut faire de pire», il pointe également les erreurs factuelles de l’article.

Pour se faire, il a notamment eu recours à des captures d’écrans. Et c’est que le Sunday Times veut utiliser contre lui.

La loi sur la protection des droits d’auteur sur le numérique

Peu emballé à l’idée d’attaquer Greenwald sur le terrain des faits, l’hebdomadaire préfère celui du juridique. Dans une notice envoyée lundi, le Sunday Times invoque le «Digital Millenium Copyright Act» (DMCA) et accuse The Intercept de violer «la charte typographique de la une» du journal. Plutôt savoureux.

L’activiste Parker Higgins préfère traiter l’accusation par l’humour : «Si Greenwald vendait un livre sur les plus belles unes du Sunday Times, alors ils auraient une affaire». Mais le membre de l’Electronic Frontier Foundation et spécialiste de la propriété intellectuelle redevient vite sérieux. Pour lui cette affaire n’est qu’une volonté «d’utiliser la seule loi disponible, le droit d’auteur, pour faire taire toute critique».

Ce n’est pas la première fois que ce type de loi est utilisée dans le but d’interdire la critique. Récemment, James Butts, maire de la ville californienne d’Inglewood, a traîné en justice un youtubeur qui utilisait des extraits de ses discours pour le critiquer avec virulence. L’avocat de la défense a fait valoir que l’utilisation de courts extraits d’allocutions publiques ne pouvaient constituer une violation de la propriété intellectuelle.

En tout cas, le principal intéressé ne semble pas vaincu par la panique. Lorsque le Daily Dot l’a interrogé pour savoir s’il comptait retirer le contenu incriminé, Glenn Greenwald a simplement répondu «non». Il faut dire que sa participation à l’éclatement de la plus grande affaire d’espionnage gouvernemental du siècle l’a endurci.

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