Cameroun : #BringBackOurInternet fustige les autorités pour les coupures intempestives du réseau

Cameroun : #BringBackOurInternet fustige les autorités pour les coupures intempestives du réseau© Stringer
Des manifestants anti-gouvernement bloquent une rue à Bamenda (sud-ouest)

Au Cameroun, la zone anglophone du pays connaît des coupures d'accès à internet. Cela exaspère la population et les internautes commencent à se mobiliser autour du hashtag #BringBackOurInternet, critiquant vivement le gouvernement.

Les internautes n'en peuvent plus des coupures d’internet, et par conséquent, des réseaux sociaux dans les régions anglophones de l'Ouest de Cameroun.

Aussi, le Hashtag #BringBackOurInternet commence à se répandre rapidement à travers tout le pays, les Camerounais estimant que leurs droits fondamentaux et leur liberté d'expression ne sont plus respectés. 

Des restrictions d'accès ont été constatées quelques heures seulement après la décision du gouvernement camerounais d’interdire les organisations Southern Cameroons National Council (SCNC) et Consortium de la société civile, le 17 janvier dernier. Depuis, aucune amélioration notable n’a été constatée.

Cette censure du net n’a pas laissé indifférent le lanceur d'alerte et ancien employé des services de renseignements américain (NSA) Edward Snowden, exilé en Russie. Dans un tweet, repris et retweeté 4 500 fois, il affirme qu’«il s’agit de l’avenir de la répression. Si nous ne luttons pas là-bas [au Cameroun], cela va arriver ici».

Si la situation prend peu à peu des allures chaotiques, c'est que couper internet, c'est paralyser la société. Dans les régions touchées, les cybercafés ont fermé leurs portes, les journalistes ne peuvent plus travailler correctement et la plupart des banques sont bloquées. 

Depuis plusieurs mois, la situation est tendue au Cameroun. La population anglophone se dit victime de mauvais traitement de la part de l'Etat. Elle proteste notamment contre sa marginalisation et la francophonisation de la société camerounaise.

La minorité anglophone du pays, soit 20% des 22 millions d'habitants, exprime son mécontentement à l'égard du pouvoir central par des grèves et des opérations «ville morte».

Yaoundé, la capitale, refuse les propositions de retour au fédéralisme prôné par les anglophones modérés comme la partition du pays réclamée par les plus radicaux.

En novembre dernier, la police avait dû disperser à coups de gaz lacrymogènes une foule de manifestants en colère et munis de cercueils pour illustrer la mort qui plane sur leur langue et leur culture.

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