Brexit : Boris Jonhson a-t-il comparé les remontrances française à des méthodes nazies ?

Brexit : Boris Jonhson a-t-il comparé les remontrances française à des méthodes nazies ?© POOL New Source: Reuters

En déplacement en Inde, le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangères a tenu des propos véhéments contre la fermeté de Paris vis-à-vis du Brexit. Pour certains, Boris Johnson a carrément comparé Hollande à un gardien de prison nazi.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson a déclaré mercredi 18 janvier qu'il refusait que son pays se fasse «administrer une correction» avec le Brexit, face notamment à la fermeté de la France contre un accès privilégié au marché commun.

Il a ensuite comparé de manière plutôt douteuse cette fermeté à «ce qu'on voit dans les films qui traitent de la Seconde Guerre mondiale». Tollé immédiat : des parlementaires y ont décrypté une comparaison avec les méthodes nazies.

Alors qu'il se trouvait en déplacement à New Delhi, en Inde, au lendemain d'un discours du Premier ministre britannique Theresa May qui a présenté les grandes lignes de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, Boris Johnson a en effet tenu à mettre en garde les Européens souhaitant imposer des tarifs douaniers stricts à son pays : «Si Monsieur Hollande souhaite administrer une correction à quiconque essaye de s'échapper, un peu comme dans les films sur la Seconde Guerre mondiale, je ne pense pas que ce soit la bonne voie pour aller de l'avant», a-t-il déclaré lors de sa conférence à New Delhi. Et l'ex-maire de Londres d'ajouter : «Ce n'est pas dans l'intérêt de nos amis et partenaires».

François Hollande a en effet signifié à plusieurs reprises que le Royaume-Uni ne bénéficierait pas de conditions préférentielles d'accès au marché commun, après la finalisation de son divorce avec Bruxelles.

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Les hommes politiques européens et britanniques condamnent des propos odieux

Les remarques de Boris Johnson ont été condamnées par le principal négociateur de l'UE sur le Brexit, le député européen Guy Verhofstadt. Et pas seulement. De nombreuses personnalités politiques européennes ont considéré que le ministre britannique des Affaires étrangères avait comparé François Hollande à un gardien de prison, sous la dictature nazie et les ambitions de l'UE à celles d'Adolf Hitler.

«Ce sont des commentaires odieux et profondément inutiles que le Premier ministre [Theresa May] devrait condamner», a déclaré Guy Verhofstadt.

Le député travailliste Wes Streeting, qui soutient la campagne pro-européenne Open Britain, a déclaré: «Il semble que le ministre des Affaires étrangères a bien appris sa leçon sur "comment perdre ses amis et aliéner les gens".»

«Tous ceux qui souhaitent que le Royaume-Uni mette en place sa sortie de l'UE dans de bonnes conditions devraient condamner ce genre de propos dégoûtants», a-t-il ajouté. 

Le chef des libéraux-démocrates britanniques Tim Farron a déclaré: «C'est une remarque totalement grossière et impitoyable de la part d'un homme censé être notre principal diplomate.»

Lors d'un discours prononcé le 18 janvier devant le Fonds pour l'éducation à l'Holocauste, le secrétaire britannique aux Communautés, Sajid Javid, a déclaré: «Nous nous devons de réagir lorsque certaines personnes parviennent à trouver des comparaisons douteuses qui minimisent ce qui s'est passé [durant la Seconde Guerre Mondiale, notamment l'Holocauste] et qui qualifient à tout bout de champ de "nazis" tous ceux qui ne partagent pas leurs opinions».

L'entourage de Boris Johnson se défend

Face à ce tollé, un porte-parole de Boris Johnson a déclaré : «Le ministre des Affaires étrangères n'a jamais rien suggéré de tel et n'a jamais utilisé le mot "nazi" [...] Il a simplement dit que le fait d'essayer de traiter la Grande-Bretagne avec autant de fermeté parce qu'elle veut quitter l'UE n'a aucun sens dans le monde moderne.»

Des sources proches du ministre des Affaires étrangères ont également tenu à minimiser la remarque du chef de la diplomatie britannique, affirmant que la «comparaison nazie» n'avait jamais été retenue.

La porte-parole de Theresa May a insisté sur le fait qu'il n'y avait pas de loi gouvernementale interdisant de parler de la Seconde Guerre mondiale. 

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