Plus de 40 ans après la partition de Chypre, les négociations entre Athènes et Ankara dans l'impasse

Plus de 40 ans après la partition de Chypre, les négociations entre Athènes et Ankara dans l'impasse© Yiannis Kourtoglou Source: Reuters

Lors des négociations qui se sont tenues à Genève sur la réunification de l'île, le chef de la diplomatie grecque, Nikos Kotzias, a appelé la Turquie à en finir avec «l'occupation» de la partie nord de l'île. Ankara refuse tout retrait définitif.

«Une solution juste du problème chypriote signifie avant tout d'en finir avec les causes qui l'ont provoqué, c'est-à-dire l'occupation, la présence de troupes d'occupation et l'existence d'un système de garanties qui a été violé», a déclaré le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Kotzias. Il a tenu ces propos devant la presse grecque à Genève, à l'issue de négociations qui s'y déroulaient pour tenter de réunifier l'île de Chypre, divisée entre communautés grecque et turque depuis 42 ans. 

«Notre position reste [...] le règlement du retrait de l'armée turque», a pour sa part déclaré le président chypriote Nicos Anastasiades, en référence aux quelque 30 000 soldats stationnés dans la partie nord de l'île depuis 1974.

Achevée vendredi 13 janvier sans solution, la conférence de Genève avait réuni autour des parties chypriotes les puissances «garantes» de l'île depuis son indépendance : la Grèce, la Turquie et le Royaume-Uni, ex-puissance coloniale. 

L'enjeu était de discuter de la sécurité d'une île réunifiée, membre de l'Union européenne. 

Avant l'ouverture de cette réunion, Athènes avait rappelé qu'elle s'opposait à tout droit d'intervention unilatérale pour un pays tiers et réclamait un cadre pour le retrait progressif des troupes turques.   

Hors de question pour Erdogan de retirer ses troupes de Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait quant à lui précédemment réaffirmé que le retrait total des troupes turques de Chypre était «hors de question» pour Ankara. Il a également évoqué des différends sur la présidence tournante d’une Chypre fédérale divisée en deux entités – grecque et turque – jugeant «inacceptable» que les Grecs assurent la présidence pendant quatre mandats contre un seul pour les Turcs.

Selon lui, l’idée avait été émise d’accorder deux mandats aux Grecs pour chaque mandat turc : «Ça, c’est juste. Si nous voulons une paix juste et globale, c’est ainsi qu’il faut procéder», avait-il martelé. Indiquant qu’Ankara n’était pas d’humeur à faire des concessions, il a ajouté : «A part ça, nous leur avons dit [à Genève] que personne ne devait rien attendre de nous.» 

Chypre est divisée depuis que l'armée turque a envahi en 1974 la partie nord de l'île en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher le pays à la Grèce et qui inquiétait la minorité turcophone de l'île.

Depuis, la République de Chypre, membre de l'UE depuis 2004, n'exerce son autorité que sur la partie sud de l'île, où vivent les Chypriotes grecs. Les Chypriotes turcs habitent dans le nord, où une République turque de Chypre du Nord (RTCN) autoproclamée n'est reconnue que par Ankara.

Lire aussi : Chypre : un parti d'extrême-droite proche d'Aube Dorée entre au Parlement

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.