Beppe Grillo propose des jurys populaires pour lutter contre les «fake news» des médias de masse

- Avec AFP

Beppe Grillo propose des jurys populaires pour lutter contre les «fake news» des médias de masse © Remo Casilli Source: Reuters
Beppe Grillo

Le chef de file du Mouvement Cinq étoiles (M5S), l'ex-comique Beppe Grillo, a provoqué un tollé dans l'establishment italien en proposant l'instauration de «jurys populaires» pour recadrer les médias «fabricants de fausses informations».

En cas de mensonge détecté par des jurys populaires dans la presse ou la télévision, accusées de fabriquer des informations pour discréditer le M5S, «l'éditeur devra, tête courbée, présenter publiquement des excuses et publier une version correcte en début de programme ou en première page du journal», a proposé Beppe Grillo sur son blog le 3 janvier.

«Les journaux et la télévision sont les plus gros fabricants de fausses nouvelles dans le pays, dans le but de s'assurer que ceux qui ont le pouvoir le gardent», a-t-il affirmé.

Les médias italiens ainsi pointés du doigt ont aussitôt manifesté leur colère et leur indignation.

Le directeur de l'information de la chaîne privée La 7, Enrico Mentana, a promis de porter plainte contre Beppe Grillo tandis que la fédération de la presse italienne, la FNSI, a dénoncé ce «lynchage» des journalistes.

Ce que Beppe Grillo propose «s'appelle le fascisme et ceux qui le minimisent se font complices», a lancé de son côté Stefano Esposito, sénateur du Parti démocrate (PD, centre-gauche), dirigé par l'ex-chef du gouvernement italien Matteo Renzi.

BeppeGrillo veut un «minCulPop 2.0», a estimé de son côté Forza Italia, le parti de centre-droit fondé par Silvio Berlusconi, en référence au ministère de la Culture populaire chargé de la propagande sous le régime fasciste de Benito Mussolini.

La polémique ouverte par le fondateur du M5S éclate en plein débat sur les ravages des fausses informations colportées sur internet, dont certains commentateurs estiment qu'elles ont joué un rôle dans la victoire du milliardaire Donald Trump aux Etats-Unis ou des partisans du Brexit en Grande-Bretagne.

Le pape François s'en était pris le mois dernier à la «désinformation» et avait comparé la presse à scandales à la coprophilie, ses lecteurs étant assimilés à des mangeurs d'excréments.

«La désinformation est probablement le plus grand mal qu'un média puisse infliger, parce qu'elle oriente l'opinion dans une seule direction, en omettant une partie de la vérité», avait alors déclaré le pape.

Lire aussi : L’«indépendante» chasse aux «fake news» sur Facebook... ne sera menée que par des groupes americains

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Enquêtes spéciales