Un peu trop actif sur Twitter, il soutient l’Etat islamique et termine devant un tribunal américain

Le réseau social Twitter a de nouveau servi à diffuser la propagande de Daesh. Source: Reuters
Le réseau social Twitter a de nouveau servi à diffuser la propagande de Daesh.

Un jeune lycéen américain a plaidé coupable jeudi devant un tribunal de Virginie. Il est notamment accusé d’avoir envoyé plus de 7.000 tweets de propagande en soutien à l’Etat islamique.

«Coupable, Monsieur». Ali Shukri Amin assume. Le jeune homme, naturalisé américain, est dans le collimateur de la justice. Agé de 17 ans, il a reconnu être coupable d’«une prolifique présence en ligne» en soutien à l’EI. L’expression, utilisée par un reponsable du FBI, qualifie les 7 000 tweets envoyés de juin 2014 à février 2015. Son compte, @AmreekiWitness, diffusait à ses 4 000 followers de la propagande, des appels aux fonds et des conseils divers et variés pour ceux qui souhaitaient rejoindre Daesh.

Décrit comme «intelligent» et «s’exprimant bien», Ali Shukri Amin, recommandait l'utilisation de bitcoins, une monnaie virtuelle utilisable sur le web. Mais également d’un «portefeuille noir», qui permettait à son utilisateur de rester anonyme et de cacher toute trace de donations financières.

En plus de son compte Twitter, le jeune homme tenait un blog. Sur «Al-Khilafah Aridat», il partageait son savoir technologique et informatique pour aider les partisans de l’EI à crypter leur communication.

Très actif dans la mosquée de sa ville

Résident dans la petite ville de Manassas en Virginie, le lycéen était très actif dans la mosquée de sa ville. A partir de septembre 2014, il a commencé à «convertir» un américain de 18 ans qui a été inculpé par défaut de complot de soutien à l’Etat islamique par le même tribunal.

Il se trouve que Reza Niknejad, le jeune homme en question, est en Syrie. Aidé par Ali Shukri Amin, il s’est d’abord rendu à Istanbul pour rejoindre les soldats du califat avant d’atteindre la Syrie.

Les procureurs américains ont confirmé l’envoi d’un message de Reza à Ali. Par l'intermédiaire de ce dernier, il a fait savoir à sa famille qu’il ne les reverra jamais.

Une affaire qui «illustre le danger de la propagande sur internet»

Le directeur adjoint du FBI, Andrew McCabe, a déclaré que cette affaire «illustre le danger de la propagande sur internet». Ali Shukri Amin était un élève brillant de l’Osbourn Park High School et vivait dans une petite ville calme de Virginie. Pour McCabe, Ali «a été embrigadé dans cette idéologie séduisante et destructrice par les contenus qu’il a regardé sur internet».  

Pour l’avocat de la défense, Joseph Flood, le jeune home était motivé «par des croyances religieuses sincères» et son opposition au régime de Bachar Al-Assad. «Parfois, les gens se sentent frustrés d’être incapable d’arrêter un gouvernement qui commet des atrocités… Il bloguait sur internet. C’est aussi simple que ça». Une justification qui ne manquera pas de faire réagir.

Ali Shukri Amin sera bientôt fixé sur son sort. La peine sera connue le 28 août. Il risque quinze ans de prison et une liberté surveillée à vie.

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