Tunis affirme détenir et surveiller 800 djihadistes revenus des zones de conflit

- Avec AFP

Tunis affirme détenir et surveiller 800 djihadistes revenus des zones de conflit© Ismail Zetouni Source: Reuters
Contrôle à la frontière entre la Libye et la Tunisie

Le gouvernement tunisien a assuré vendredi avoir emprisonné et placé sous surveillance plusieurs centaines de djihadistes tunisiens après leur retour de zones de conflit depuis 2007.

Le ministre de l'Intérieur Hédi Majdoub avait révélé la semaine dernière que 800 djihadistes tunisiens étaient déjà rentrés et affirmé que les autorités détenaient toutes les informations sur ces individus.

La Tunisie compte plus de 5 000 ressortissants dans les rangs d'organisations jihadistes à l'étranger, notamment en Irak, Syrie ou encore en Libye, selon le groupe de travail de l'ONU sur l'utilisation de mercenaires.

Pour le gouvernement tunisien, ils seraient moins de 3 000.

Les 800 djihadistes évoqués par le ministre de l'Intérieur représentent tous ceux qui sont revenus depuis 2007, a précisé vendredi le porte-parole du gouvernement Iyed Dahmani, en référence à la guerre qui faisait déjà rage en Irak. 

Parmi ces 800 djihadistes, certains sont en prison, d'autres en assignation à résidence ou sous stricte surveillance, a ajouté Iyed Dahmani.

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed a affirmé la veille que l'Etat tunisien n'a signé aucun accord sur le retour des terroristes et que la position du gouvernement est claire: il n'est pas favorable à leur retour des zones de tension.

«Ceux qui reviendront seront immédiatement arrêtés dès leur arrivée sur le territoire tunisien et seront jugés. Et la loi antiterroriste sera appliquée contre eux», a-t-il ajouté.

Le retour des djihadistes suscite une inquiétude grandissante dans le pays et certaines voix ont même appelé à les déchoir de leur nationalité.

Interdite par la Constitution, cette mesure a été rejetée par le président Béji Caïd Essebsi, dont les propos au début du mois à Paris ont contribué à faire monter le débat.

«On ne peut empêcher un Tunisien de revenir dans son pays», «mais évidemment, nous allons être vigilants», avait-il dit à l'AFP.

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