Minsk : Obama a appelé Poutine avant le sommet pour parler de l’accord de paix

Vladimir Poutine© (ALEXEI NIKOLSKY / RIA-NOVOSTI / AFP) Source: AFP
Vladimir Poutine

Le président Barack Obama a téléphoné hier à Vladimir Poutine pour évoquer la crise dans l’Est de l’Ukraine et le sommet de Minsk, a fait savoir la Maison Blanche. C’étaient leur premier entretien depuis des semaines.

«Le président Obama a souligné les coûts humains croissants des combats et a mis l’accent sur le fait que le président Poutine doit profiter de l’opportunité présentée par ces négociations entre la Russie, la France, l’Allemagne et l’Ukraine pour atteindre la résolution pacifique du conflit», a communiqué la Maison blanche.

Selon le Kremlin, la discussion était axée sur les «moyens d’atteindre une résolution pacifique de la crise aigüe en Ukraine». «Vladimir Poutine a donné une évaluation détaillée de la situation dans le Sud-Est de l’Ukraine, en mettant l’accent sur les propositions récentes de la Russie qui ont été discutées, en particulier, dans le cadre de la préparation de la rencontre à Minsk», indique le communiqué.

«Les présidents de la Russie et des Etats-Unis ont mis l’accent sur l’importance de la résolution politique – par le dialogue – du conflit interne en Ukraine, la cessation rapide des combats et la protection des droits légitimes de tous les habitants de l’Ukraine sans exception, y compris ceux du Sud-Est du pays», a ajouté la déclaration du Kremlin.

Juste avant la publication de cette déclaration, le groupe de contact qui se compose des représentants de Kiev, des forces antigouvernementales, de la Russie et de l’OSCE a terminé ses travaux en vue des négociations au format Normandie qui auront lieu aujourd’hui à Minsk. L’agence TASS a annoncé que le groupe travaillait sur un plan de cessez-le-feu dans l’Est de l’Ukraine et les moyens de le faire respecter. Les parties se seraient aussi mises d’accord sur un plan de retrait des armes lourdes.

Une autre option qui pourrait être discutée à Minsk, c’est la création d’une zone démilitarisé dans le Donbass. L’OSCE, l’Allemagne et la France devraient insister pour que la Russie prenne la responsabilité la créer, indique l’agence RIA Novosti.

A l’approche de cette rencontre cruciale, les parties aux négociations ont subi une pression croissante. Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a déclaré que la rencontre «est une autre chance… pour faire un premier grand pas en direction de la désescalade» dans le Sud-Est de l’Ukraine. «Mais rien n’est encore résolu. Le seul fait que le sommet ait lieu ne garantit pas son succès. J’insiste et j’attends de Moscou et de Kiev… qu’ils saisissent véritablement cette chance», a déclaré le ministre allemand.

A la suite de pourparlers de cinq heures «substantiels et constructifs» qui ont eu lieu la semaine dernière à Moscou entre Vladimir Poutine, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande, certains médias occidentaux ont rapporté que le président russe avait reçu un ultimatum. Angela Merkel aurait promis un durcissement des sanctions au cas où la Russie aurait trouvé peu satisfaisantes les nouvelles propositions de paix franco-allemandes.

Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a répondu que «personne n'a jamais parlé et ne peut parler au président, même s'il le souhaite, sur le ton de l'ultimatum».

L’Union européenne a déjà annoncé de nouvelles sanctions contre des fonctionnaires russes et des insurgés ukrainiens, mais a repoussé leur mise en application d’une semaine, le temps d’évaluer l’issue du sommet de Minsk.

Malgré leur impossibilité à présenter des preuves convaincantes, les Etats-Unis et l’Union européenne continuent à accuser la Russie d’alimenter le conflit ukrainien et de soutenir les insurgés qui luttent contre le gouvernement de Kiev. Des accusations démenties par Moscou à de nombreuses reprises.

Le conflit en Ukraine a commencé en avril dernier quand Kiev a envoyé des forces régulières et des bataillons de volontaires dans les régions de Donetsk et de Lougansk où une partie de la population a refusé de reconnaître les nouvelles autorités du pays arrivées au pouvoir après un coup d’état. Les combats qui durent depuis lors ont coûté la vie à plus de 5 300 personnes, selon l’ONU.

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