Migrants : les chiffres grimpent, l'Europe n'agit toujours pas

La police italienne rassemblant des migrants le 7 juin dernier dans le port d'Augusta en Sicile© Antonio Parrinello Source: Reuters
La police italienne rassemblant des migrants le 7 juin dernier dans le port d'Augusta en Sicile

Ce week end encore, près de 6 000 personnes on été secourues en Méditerranée. Alors que le nombre de migrants arrivant sur les côtes italiennes n'a jamais été aussi élevé, plusieurs régions du Nord ont décidé qu'elles cesseraient de les accueillir.

Les chiffres font froid dans le dos. Depuis le début de l'année 2015, le nombre de migrants ayant débarqué sur les côtes italiennes vient de dépasser les 50 000 durant le week end du 6 et 7 juin. Par rapport à la même période de 2014, la hausse est de 10%. Ce week end encore, la flotille multinationale a secouru 5900 personnes en Méditerranée.

Devant l'ampleur du phénomène, alors que le nombre de migrants a atteint 84 000 personnes en Italie et que les camps d'hébergement du pays sont tous saturés, les présidents des régions de Lombardie, Ligurie, Val d'Aoste et Vénitie (au nord) disent vouloir «éviter une invasion» et ont annoncé dimanche qu'elles refuseraient d'accueillir de nouveaux migrants illégaux. 

La Commission européenne a demandé aux Etats membres de l'UE de prendre en charge 40 000 demandeurs d'asile originaires de Syrie et d'Erythrée arrivés en Italie et en Grèce. Mais l'appel a du mal à se faire entendre : les pays européens montrent de sérieuses réserves, en France notamment, où des opérations d'interpellations massives de migrants ont récemment débuté dans la capitale.

Parmi ceux qui réagissent négativement à ces solutions de répartition des migrants par quotas proposées par l'Union européennee, on trouve notamment les pays baltes qui défendent que les quotas annoncés sont erronés. Ainsi, la commission européenne avait demandé à l'Estonie d'accueillir 1064 migrants, à la Lettonie d'en accueillir 737 et à la Lituanie - 710. La semaine dernière, l'Estonie a rejetté cette décision en expliquant que les calculs annoncés par la commission européenne étaient «dénués de tous fondements». La Lituanie et la Lettonie ont, elles, annoncé  que le nombre de migrants suggéré était «beaucoup trop élevé élevé».

Souhaitant traiter le problème à la racine, les diplomaties italienne, égyptienne et algérienne ont, elles, appelé à trouver d'urgence une solution politique en Libye qui présente le plus important nombre de migrants qui tentent de rejoindre l'Europe à cause du chaos qui rêgne dans le pays depuis l'intervention armée de l'OTAN au printemps 2013. 

L'Italie, l'Egypte et l'Algérie réunis autour de la question des migrants © capture d'écran twitter
L'Italie, l'Egypte et l'Algérie réunis autour de la question des migrants

Lors d'une visite sur le navire HMS Bulwark, qui fait partie de la flotte multinationale qui patrouille en Méditerranée, Michael Fallon, le ministre britannique de la Défense, s'est félicité du travail conjoint des marines européennes. Il a néanmoins appelé «l'Europe entière» à faire de même pour «s'entendre sur une solution avant que d'autres vies soient perdues».

Selon les gardes côtes italiennes, 2371 personnes ont été secourues dimanche et 3480 samedi. Aucune victime n'est à déplorer. Par ailleurs, un bateau de la marine italienne qui acheminait 475 migrants en Sicile a indiqué que 7 femmes enceintes qui nécessitaient une hospitalisation se trouvaient à bord. Toujours selon la même source, l'opération était coordonnée par l'ONG MOAS (Migrant Offshore Aid Station), basée à Malte, et par Médecins sans frontières. Les marines italienne, allemande et irlandaise y ont pris part. En 2014, l'Italie avait vu 170 000 migrants arriver sur son sol au total. 

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