Polémique en Algérie : une ministre demande aux femmes mariées de reverser leur salaire à l’Etat

Polémique en Algérie : une ministre demande aux femmes mariées de reverser leur salaire à l’Etat© Capture d'écran YouTube - K-DIRECT TÉLÉVISION
La proposition de la ministre algérienne Mounia Meslem n'a pas plus à tout le monde

La ministre algérienne en charge du Droit des femmes a suscité un tollé après avoir déclaré que les Algériennes mariées et ayant un travail devraient reverser leur salaire entier à l’Etat, actuellement victime d'une importante crise financière.

«Nous, les femmes cadres, avons des maris qui subviennent à nos besoins. Nous pouvons aider notre pays qui a assuré notre éducation et nous a donné la chance de faire carrière. Lui céder la totalité de nos salaires serait la moindre des choses», a affirmé la ministre algérienne de la Solidarité nationale, de la famille et de la condition féminine, Mounia Meslem, à la chaîne El Bilad TV le 30 novembre.

Alors que l’Algérie fait face à une importante crise financière due à la chute des cours du pétrole, cette responsable politique a proposé d'être la première à renoncer à son salaire, proposant aux autres citoyennes de faire de même «en signe de solidarité» pour le pays, comme le rapporte le site d'information Tout sur l'Algérie.

La solution proposée par Mounia Meslem n'a pas plu à tout le monde sur les réseaux sociaux, plusieurs femmes y voyant une atteinte à leurs droits fondamentaux.

«Message qui vient du passé» ou encore «nouveau type d’esclavage», a-t-on pu lire parmi les réactions sur les réseaux sociaux.

«Ça aurait pu être un article du Gorafi mais non», a commenté une autre internaute.

En Algérie, ce n’est pas la première fois que la question du droit des femmes fait l’objet de polémiques. En septembre, une enquête avait été ouverte par le ministère de l’Education nationale sur une affaire de lycéennes non-voilées, qui auraient été refoulées à l’entrée de leur lycée le jour de la rentrée des classes. Démentie par les autorités, l’information avait alors suscité un vif débat sur le droit des femmes à ne pas arborer le foulard.

Par ailleurs, toujours en septembre, l’ONG de défense des droits de l’homme Amnesty International avait mis en garde face à l’augmentation des violences faites aux femmes après la mort d’une Algérienne brûlée vive.

Lire aussi : Algérie : après la mort d’une femme brûlée vive, Amnesty International tire la sonnette d’alarme

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