Juncker : Obama fait une «lourde erreur» en traitant la Russie comme «un pouvoir régional»

Juncker : Obama fait une «lourde erreur» en traitant la Russie comme «un pouvoir régional»© Vincent Kessler Source: Reuters
Jean-Claude Junker

Le chef de la Commission européenne a dénoncé les accusations de servilité de l'UE face à la politique étrangère américaine, en insistant sur le fait que «l’architecture sécuritaire en Europe» était impossible sans Moscou.

«L’Union européenne occupe un territoire de 5,5 millions de kilomètres carrés. La Russie, c’est 17,5 millions de kilomètres carrés. Il faut traiter la Russie comme une grand ensemble et comme une nation fière», a déclaré Jean-Claude Junker dans une interview à Euronews, précisant que l'Union était «très ignorante concernant la Russie».

Insistant sur le fait de devoir mieux connaître la «Russie profonde», le président de la Commission européenne a expliqué vouloir discuter sur un pied d'égalité avec ce pays, il a affirmé : «[La Russie] n’est pas comme le disait le président Obama "un pouvoir régional". Lourde erreur d’appréciation». Jean-Claude Juncker faisait ici allusion à un discours de Barack Obama de mars 2014 après le référendum qui avait entraîné le rattachement de la Crimée à la Fédération de Russie.

Usant du même ton, Jean Claude Junker a déclaré que l’UE ne dépendait pas de la politique extérieure américaine. 

«Les Etats-Unis feront ce que les Etats-Unis voudront faire. Les Européens ont leurs propres intérêts et leur propre champ d’actions à gérer», a-t-il conclu.

Concernant les sanctions contre la Russie, Jean-Claude Junker a toutefois précisé qu’il n’y avait pas d’argument plaidant en faveur de leur levée immédiate, même s'il entend avoir avec Moscou «une entente qui dépasse le cadre ordinaire».

«Il n’y a pas d’architecture sécuritaire en Europe sans la Russie, il faut le savoir», a-t-il précisé.

Le 25 novembre, Frank-Walter Steinmeier, le ministre Allemand des Affaires étrangères, à de son côté déclaré que 15 pays européens, tous membres de l’OSCE, avaient rejoint le projet de Berlin visant à conclure un «nouvel accord sur le contrôle des armes» avec Moscou afin d’«éviter une escalade des tensions».

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