Transition à la Maison-Blanche : Donald Trump continue son casting et recrute des durs

Transition à la Maison-Blanche : Donald Trump continue son casting et recrute des durs
Donald Trump en campagne le 3 novembre 2016 avec Jeff Sessions, désigné comme futur ministre de la Justice, photo ©Mike Segar/Reuters

Du russophile Michael Flynn à Mike Pompeo, l'un des membre de la commission du Congrès qui a enquêté sur l'emailgate, le scandale qui a empoisonné la campagne d'Hillary Clinton, ces nominations semblent confirmer les thèses du candidat Donald Trump.

La passation de pouvoir entre Donald Trump et Barack Obama n'aura lieu que le 20 janvier 2017 mais, aux Etats-Unis, pendant la période dite de transition, le président élu recrute ses conseillers. Après Mike Pence au poste de vice-président et la nomination de Rudolph Giuliani comme secrétaire d'Etat, poste qu'a occupé Hillary Clinton de 2009 à 2013, et enfin la promotion de Steve Bannon passé de directeur de campagne à conseiller principal, le recrutement se poursuit.

Michael Flynn, ennemi du terrorisme et ami de la Russie

C'est Mike Flynn, général à la retraite âgé de 58 ans, ancien combattant en Irak et en Afghanistan, que le président élu aurait choisi comme conseiller à la sécurité nationale. Et c'est presque un camouflet pour le Parti démocrate américain et ceux qui prônent l'affrontement avec la Russie. Barack Obama l'a en effet limogé en 2014, alors qu'il avait deux préoccupations : combattre Daesh et, pour ce faire, travailler étroitement avec la Russie. Hillary Clinton appréciera sûrement.

Le général Michael Flynn en février 2014 avant son limogeage, photo ©Gary Cameron/Reuters

Dernier outrage, Michael Flynn est un démocrate authentique. Il dit avoir été conquis immédiatement par le ton volontaire et le franc-parler de Donald Trump, avec une mention spéciale pour les sorties du candidat républicain au sujet de l'utilisation de la «torture légitime» dans le cas des terroristes.

Jeff Sessions, depuis toujours contre l'immigration illégale

Jefferson Beauregard Sessions III, selon son patronyme intégral, siègera au département (ministère) de la Justice. Né en 1946 en Alabama, dans le Sud des Etats-Unis, il incarne parfaitement la ligne anti-immigration de Donald Trump, dont l'une des promesses de campagne était d'expulser quelque 11 millions d'immigrés. En 1981, le républicain Ronald Reagan donne un coup d'accélérateur à sa carrière en le nommant procureur fédéral pour le district sud de l'Alabama.

Le sénateur Jeff Sessions, le 7 août 2016, en campagne pour Donald Trump, photo ©Carlo Allegri/Reuters

Cinq ans plus tard, Ronald Reagan le propose comme juge fédéral dans le même district de l'Alabama. Mais, la commission judiciaire du Sénat américain s'oppose à sa nomination – cela n'était pas arrivé, alors, depuis 50 ans – en raison de ses prises de position entachées de suspicion de racisme. Plus tard, il s'illustrera encore en exprimant vivement son opposition à plusieurs projets de régularisation de clandestins des présidents George Bush et Barack Obama.

Mike Pompeo, le cauchemar d'Hillary Clinton pourrait continuer 

Elu à la chambre des représentants en 2011, Mike Pompeo est un conservateur pur jus, version hostile à l'Etat fédéral. A telle enseigne qu'au début du second mandat de Barack Obama, il s'est impliqué dans le «Tea Party», ce mouvement très conservateur apparu au sein même du Parti républicain. Il a, par ailleurs, fait partie de la commission d'enquête du Congrès sur l'attaque de l'ambassade américaine à Benghazi – et d'une antenne locale de la CIA – en septembre 2012 par des terroristes islamistes.

Mike Pompeo, représentant du Kansas, portrait officiel du Congrès des Etats-Unis.

Et c'est cette commission qui a révélé l'affaire des courriers électroniques d'Hillary Clinton, du temps où elle était secrétaire d'Etat. Malgré les conclusions clémentes de la commission d'enquête de Benghazi, Mike Pompeo s'était déclaré convaincu qu'il y avait eu dissimulation. Hillary Clinton s'était en effet vue dans l'impossibilité de produire plus de la moitié des courriels demandés par la commission, détruits selon elle, à la suite d'une «mauvaise manipulation».

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