«Sexe par surprise» : Julian Assange livre enfin sa version à la police suédoise

«Sexe par surprise» : Julian Assange livre enfin sa version à la police suédoise
Le chat de Julian Assange à une fenêtre de l'ambassade de l'Equateur à Londres, le 14 novembre 2016, capture d'écran Twitter

Après quatre années, les enquêteurs suédois et Julian Assange sont tombés d'accord. Le lanceur d'alerte, qui craint d'être extradé vers les Etats-Unis, a été interrogé sans quitter l'ambassade de l'Equateur à Londres, où il est retranché depuis 2012.

Le procureur en chef suédois Ingrid Isgren a pu entrer dans l'ambassade de l'Equateur à Londres pour recueillir les éclaircissements de Julian Assange concernant des accusations d'agression sexuelle, qui datent désormais de 2010. Alors qu'Ingrid Isgren arrivait un peu avant 11h pour procéder à l'interrogatoire, les médias faisaient le siège devant le bâtiment diplomatique équatorien mais ont dû se contenter d'une brève apparition du chat de Julian Assange.

C'est la fin d'un bras de fer entre la justice suédoise et le lanceur d'alerte, qui, depuis que Julian Assange a trouvé asile en juin 2012 à l'ambassade de l'Equateur, ne parvenaient pas à s'entendre sur les conditions dans lesquelles celui-ci répondrait aux enquêteurs suédois. 

Alors que les journalistes patientent sous la pluie, le "chat officiel" de l'établissement nargue la foule, bien au sec, du bon côté de la fenêtre!

«Nous avons constamment sollicité cet interrogatoire depuis 2010», a indiqué Per Samuelsson l'avocat du fondateur de Wikileaks, «Julian Assange a toujours souhaité donner sa version à la police suédoise. C'est une opportunité pour lui de laver son nom. Nous espérons que l'enquête sera ensuite close».

En août 2010, la police suédoise ouvre une enquête pour délits sexuels à l'encontre de deux femmes suédoises. Julian Assange nie les faits et évoque des relations sexuelles consenties. Les deux victimes présumées ne nient pas pour leur part que la relation était initialement consentie mais affirment que Julian Assange aurait retiré son préservatif, ce qui constituerait selon le droit suédois non pas un viol mais un délit de «sexe par surprise».

Une procédure banale refusée pendant plus de quatre ans

Le ministre des Affaires étrangères de l'Equateur, Guillaume Long, a fait part de sa satisfaction. «C'est une chose que l'Equateur a voulu faire depuis que nous avons accordé l'asile à Monsieur Assange en 2012», a-t-il indiqué, rappelant que depuis lors, l'Equateur a également demandé à la Suède comme au Royaume-Uni de garantir que Julian Assange ne serait pas extradé vers un «pays tiers». En clair, aux Etats-Unis où Julian Assange reste accusé d'espionnage.

«C'est une pratique bien répandue : on signe un traité d'assistance mutuelle juridique et on peut ensuite mener un interrogatoire, a rappelé le ministre équatorien interrogé par RT, regrettant avoir dû attendre pendant plusieurs années pour que la «Suède soit finalement d'accord» pour interroger Julian Assange dans les murs de l'ambassade de l'Equateur : «Depuis quatre ans que Julian Assange a passé [reclus] dans la mission diplomatique», la Suède a eu recours à ce type de procédure «plus de 40 fois», a ainsi indiqué Guillaume Long.

«C'est dommage que nous ayons été obligés d'attendre pendant plus de mille jours. Pour Julian Assange, c'était mille jours dans des conditions atroces dans notre mission diplomatique. C'est une petite ambassade, et il s'agit de droits de l'homme», a-t-il déploré.  

Peu de temps après la publication de Wikileaks de 77 000 documents confidentiels de l'armée américaine concernant la guerre en Afghanistan, la police suédoise, qui avait abandonné dans un premier temps les poursuites contre Julian Assange, est revenue sur sa décision en émettant un mandat d'arrêt contre le lanceur d'alerte.

Le fondateur de Wikileaks a toujours clamé son innocence et dénonce une manœuvre qui a pour but de le faire extrader vers les Etats-Unis, qui veulent le juger pour la diffusion de plus de 250 000 documents secrets. Par ailleurs, une pétition a été lancée exhortant le président élu Donald Trump à accorder sa «grâce présidentielle».

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