La France et la Grande-Bretagne absentes de la réunion de l'UE sur Donald Trump

La France et la Grande-Bretagne absentes de la réunion de l'UE sur Donald Trump

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE débattaient dimanche 13 novembre à Bruxelles d'une approche commune face à la future administration Trump. Le Britannique Boris Johnson et le Français Jean-Marc Ayrault avaient, eux, décliné l'invitation.

Les prises de position du futur président des Etats-Unis (remise en question des accords de libre-échange, désengagement de l'OTAN, rapprochement avec la Russie de Vladimir Poutine) marquent une profonde rupture avec la précédente administration américaine. L'UE cherche à s'adapter.

La chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini, a alors décidé d'organiser un dîner informel entre les ministres des Affaires étrangères des pays membres, afin d'«envoyer un message de ce qu'attend l'UE» de la part de Donald Trump.

Mais les absences de Boris Johnson, qui a boycotté la réunion, et de Jean Marc Ayrault, resté à Paris pour recevoir le prochain secrétaire général des Nations unies, révèlent les dissensions internes de l'UE. Le refus du ministre britannique de participer à la réunion ne devrait pas arranger la relation difficile qu'il entretient déjà avec son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier, qui le considère comme un «homme politique irresponsable».

S'il n'était pas présent à ce dîner, le chef de la diplomatie française a néanmoins tenu à réagir à l'élection du milliardaire américain : «Cette élection nous interpelle, même si elle n'est pas officielle, il est probable que Donald Trump devienne le 45e président des Etats-Unis», a t-il déclaré dimanche 13 novembre sur Europe 1, ajoutant : «Là, il va falloir essayer de savoir ce que veut faire ce nouveau président, puisque ce qu'il a dit jusqu'à présent provoque bien des inquiétudes.»

L'anxiété des dirigeants européens se retrouve dans les propos du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker qui a ouvertement critiqué Donald Trump : «Nous devons enseigner au président élu ce qu'est l'Europe et comment elle fonctionne. Je crois que nous perdrons deux ans, le temps que Monsieur Trump parcoure un monde qu'il ne connaît pas.»

Du côté des frondeurs de l'UE, le ministre des Affaires étrangères hongrois a qualifié la réaction des dirigeants politiques européens d'«hystérique». Nigel Farage, l'eurodéputé qui a mené la campagne du Brexit, a été, lui, le premier homme politique européen à rencontrer le futur président des Etats-Unis. Au grand dam du Premier ministre suédois Carl Bildt, qui a réagi sur Twitter : «Si Trump voulait être vu comme un homme d'Etat par l'Europe, recevoir Farage était probablement la pire des choses à faire.»

La combinaison de l'élection de Donald Trump et du Brexit a déclenché des appels à une refonte totale de la politique étrangère et de l'UE, Berlin et Paris exigeant une plus grande intégration. «Si les États-Unis se désengagent de l'Europe, nous devons veiller à notre propre sécurité», a ainsi déclaré un diplomate de l'UE.

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