Des économistes du FMI critiquent une nouvelle fois l’austérité

Le siège n°2 du FMI à Washington.© Wikipedia
Le siège n°2 du FMI à Washington.

Dans une étude publiée mardi, des experts du Fond monétaire international conseillent aux pays riches de «vivre avec leurs dettes».

Si vous êtes un pays grandement endetté et que vous souhaitez rembourser en avance vos créanciers, attendez. Ne cédez pas à l’austérité. C'est le message diffusé dans une étude publiée mardi par le FMI. L’institution, basée à Washington, préconise plutôt de «vivre avec sa dette».

Attention, ce conseil ne s’applique qu’à une certaine catégorie de pays. Sont visées les nations disposant de la marge de manoeuvre budgétaire nécessaire. Un luxe qui s’accompagne souvent de la possibilité de se financer à bas coûts sur les marché.

Autrement dit, la Grèce, le Japon, Chypre, l’Italie et tous les pays qui présentent de «forts risques» liés à leurs dettes abyssales pourront se passer du tuyau. L’étude juge qu’ils n’ont que «peu d’options» et «doivent se concentrer» sur leur but. A savoir réduire l’endettement.

La zone verte budgétaire… et la zone intérmédiaire

Pour les pays appartenant aux bons élèves, où une crise n’est pas à l’ordre du jour, le FMI les engage à ne pas conduire de politique drastique de réduction des déficits et de la dette. Un nouveau pavé dans la marre des adeptes de l’orthodoxie budgétaire, Allemagne en tête.

Les experts chargés de l’étude affirment ainsi que : «le coût de mesures visant à délibérément réduire le stock de dette a des chances d'excéder les bienfaits d'une dette plus faible en termes d'assurance contre les crises». Traduction, pour réduire l’endettement, les pays qui ont choisi l’austérité sont amenés à augmenter la fiscalité et/ou réduire les dépenses publiques. Ce qui, à en croire deux des auteurs du rapport, risque de provoquer un effet «nocif et permanent» sur la consommation et la production.

La recette ? Ne ne pas se préoccuper de la dette et laisser son poids par rapport au PIB se réduire grâce à l’augmentation de la croissance. La méthode utilisée pour l'étude inclut les principaux pays industrialisés dont certains mettent pourtant en place des politique de désendettement. Le Royaume-Uni en fait partie.

La France appartient à la zone intermédiaire. Pas rouge, pas verte, mais à surveiller. Elle comporte les nations où le poids de la dette nécessite «une certaine prudence».

A noter que cette étude a été validée par l'économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard. Elle ne représente pas la position officielle du FMI. Peu importe, les détracteurs de l’austérité vont bien vite s’en emparer.

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