Forte explosion devant un bâtiment de la police à Diyarbakir : huit morts, plus de 100 blessés

Forte explosion devant un bâtiment de la police à Diyarbakir : huit morts, plus de 100 blessés Source: Reuters
La ville de Diyarbakir, située dans le sud-est de la Turquie

Une centaine de personnes ont été blessées dans une attaque au véhicule piégé qui s'est produite devant un bâtiment de la police à Diyarbakir. Au moins huit personnes sont décédées.

Une explosion puissante est survenue devant un bâtiment de la police dans le district de Baglar, dans la ville de Diyarbakir, située dans le sud-est de la Turquie. D’après les témoignages, des coups de feu ont éclaté après la déflagration. 

L'explosion a été ressentie dans toute la ville. Une épaisse colonne de fumée blanche s'est élevée du lieu de la déflagration.

De nombreuses ambulances ont été dépêchées sur les lieux. D'après le bilan préliminaire, au moins huit personne sont mortes. Plus de 100 personnes ont été hospitalisées avec des blessures multiples. 

«Jusqu'à présent, on compte huit décès, dont deux policiers», a déclaré le Premier ministre Binali Yildirim.

Selon les autorités turques, l'explosion a été causée par un attentat à la voiture piégée. Le gouvernorat de Diyarbakir a accusé le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) d'être responsable de l'explosion.

L'attaque meurtrière s'est produite quelques heures après l'interpellation, dans la nuit du jeudi 3 au vendredi 4 novembre, des principaux dirigeants et des députés du HDP dans le cadre d'une enquête «antiterroriste» portant sur des liens présumés avec le PKK.

Selon l'agence de presse turque Anadolu, Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, qui dirigent conjointement le HDP, ont été interpellés dans le cadre de cette enquête. Ils ont été placés en garde à vue pour avoir refusé de répondre à des convocations judiciaires. 

Au total, au moins 11 députés du HDP ont été placés en garde à vue, selon une liste diffusée par le parti prokurde et par le ministère de l'Intérieur. Parmi eux, figurent d'autres cadres importants du mouvement kurde, à l'instar d'Idris Baluken, président du groupe parlementaire HDP, ou Sirri Süreyya Önder. 

Le siège du HDP a également été perquisitionné par la police turque. L'opération a été filmée et retransmise en direct par les télévisions.  

Le HDP a appelé de son côté la communauté internationale à réagir contre ce «coup du régime d'Erdogan». Avec 59 députés, le HDP est la troisième force parlementaire de Turquie. Le parti est régulièrement accusé par le président turc Recep Tayyip Erdogan de servir de vitrine politique pour le PKK, considéré officiellement comme une organisation terroriste par Ankara. 

Lire aussi : #JusticePourLesKurdes : une pétition demande à l'ONU une enquête sur les exactions turques

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