Deux ans après la fin de leur mandat, les commissaires européens continuent de toucher un salaire

Deux ans après la fin de leur mandat, les commissaires européens continuent de toucher un salaire© Wikipédia Commons
Karel De Gucht, ex-commissaire européen et actuellement membre du conseil de surveillance de la société sidérurgique ArcelorMittal et de la société de télécommunications Proximus

Bien qu'ayant quitté leur poste en 2014, 16 anciens commissaires européens de la Commission José Manuel Barroso perçoivent toujours des versements mensuels d'au moins 8 333 euros, rapporte l'hebdomadaire allemand Die Zeit.

Pour éviter tout conflit d’intérêt et empêcher les commissaires d’accepter des postes clés dans les secteurs de l’industrie immédiatement après avoir quitté leur poste à la Commission européenne, les ex-commissaires continuent de toucher une «allocation transitoire», qui n’est ni plus ni moins que l’équivalent de leur salaire faramineux. 

C’est ce que révèle le quotidien allemand Die Zeit, qui indique avec ironie que la plupart des commissaires concernés ont depuis belle lurette retrouvé de hauts postes extrêmement bien rémunérés en tant que lobyyistes, gestionnaires ou membres d’autres bureaux politiques. 

Dans la liste (obetenue par le quotidien allemand) de ces ex-commissaires européens ayant déjà «switché» vers un autre poste mais continuant de toucher leur salaire de commissaire européen, figurent notamment des personnalités telles que Karel De Gucht, actuellement membre du conseil de surveillance de la société sidérurgique ArcelorMittal et de la société de télécommunications Proximus, Connie Hedegaard, membre du conseil de surveillance de la société énergétique Danfoss, ainsi que Ferdinando Nelli Feroci, qui a occupé le poste de commissaire auxiliaire pendant environ quatre mois en 2014 et Dacian Cioloş, aujourd'hui Premier ministre de Roumanie. 

En septembre dernier, la nomination de l'ex-président de la commission européenne José-Manuel Barroso à un haut poste chez Goldmann Sachs avait provoqué un tollé. L'intéressé s'était défendu en affirmant avec ironie que la grande banque n'était pas «un cartel de la drogue».

Plus tôt cette année, la durée maximale des prestations, qui repose sur une loi datant de 1967, a été raccourcie passant de trois à deux ans, bien que cela ne s'applique qu'aux nouvelles nominations. 

«Globalement, nous n'avons aucun problème avec le système d'allocation de transition. Sauf qu'il devrait uniquement servir à empêcher les conflits d'intérêts [...], or ce système ne fonctionne pas», a déclaré à Die Zeit Vicky Cann de l'ONG Corporate Europe Observatory, qui analyse le fonctionnement des lobbies et des grandes entreprises.

Voici la liste complète des ex-commissaires européens qui continuent de percevoir leur copieuse «allocation transitoire» : Joaquín Almunia Amann, Espagne ; László Andor, Hongrie ; Tonio Borg, Malte ; Dacian Cioloş, Roumanie ; Maria Damanaki, Grèce ; Karel De Gucht, Belgique ; Jacek Dominik, Pologne ; Štefan Füle, République tchèque ; Connie Hedegaard, Danemark ; Siim Kallas, Estonie ; Janusz Lewandowski, Pologne ; Ferdinando Nelli Feroci, Italie ; Andris Piebalgs, Lettonie ; Janez Potočnik, Slovénie ; Algirdas Šemeta, Lituanie ; Androulla Vassiliou, Chypre.

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