Tsipras : le plan de sauvetage de la troïka a échoué, Athènes refuse sa prolongation

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Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé que le programme mis au point avec le FMI et l'Union européenne pour sauver l’économie grecque avait échoué et qu’Athènes n’avait pas l’intention de demander sa prolongation.

« Le plan de sauvetage a échoué », a déclaré dimanche Alexis Tsipras lors de son premier discours en tant que nouveau premier-ministre devant le parlement grec. Le leader de la gauche radicale a poursuivi en affirmant : « Le nouveau gouvernement n’a pas de raison de demander sa prolongation parce qu'on ne peut pas demander la prolongation d'une erreur ».

Cependant, il a admis qu’un accord transitoire pourrait être conclu avec les prêteurs à la fin du mois de février pour aider la Grèce dans l’espoir de conclure un nouvel accord sur la dette du pays.

L’actuel programme d'aide à la Grèce expire le 28 février. Les hauts fonctionnaires grecs, y compris le ministre des Finances Yanis Varoufakis, ont répété que la Grèce ne voulait pas la prolongation de ce plan, mais plutôt trouver un nouvel accord qui lui donnerait du temps pour présenter une nouvelle proposition de remboursement.
Lors d’une intervention au sein du gouvernement samedi, le ministre grec a promis de présenter un plan de transition à ses partenaires européens pour gérer un nouvel emprunt et un programme de réformes la semaine prochaine. Les ministres des Finances de l’Union européenne (UE) doivent tenir mercredi une réunion sur le programme d’aide à la Grèce.

En janvier, le président de la Commission européenne avait dit que l’UE n’envisageait pas annuler la dette extérieure grecque. « Il n'est pas question de supprimer la dette grecque. Les autres pays de la zone euro ne l'accepteront pas », a déclaré Jean-Claude Juncker dans Le Figaro du 29 janvier. Il a aussi précisé clairement que Bruxelles ne voulait pas menacer la Grèce tout en restant ouvert au dialogue.

Le gouvernement grec a été forcé de mettre en œuvre des mesures d’austérité drastiques pour obtenir un prêt de 240 milliards d’euros en provenance de trois prêteurs internationaux : la Banque centrale européenne (BCE), le Fonds monétaire international (FMI) et l’UE [la troïka]. L’aide a été payée en deux tranches : en 2010 et en 2014.

Pendant son discours devant le parlement le dimanche, Tsipras a réitéré sa promesse de donner gratuitement de la nourriture et de l’électricité à ceux qui ont été touchés par les mesures d’austérité. Il a ajouté que des coupes seront instituées dans les dépenses des membres du gouvernement, comme l’interdiction des voitures ministérielles et la vente d’un des avions du Premier ministre.

Tsipras a ajouté qu’il mettrait en place des mesures pour lutter contre la corruption et la fraude fiscale. Le Premier ministre a aussi promis de rouvrir la télévision publique ERT afin de « réparer le crime contre le peuple grec et la démocratie ». ERT avait été fermée à cause des mesures d’austérité mises en place par le gouvernement précédent.

Le parti de gauche radicale Syriza, qui a remporté les élections parlementaires de janvier 2015, a promis d’adopter des mesures contre l’austérité, y compris l’annulation d’une partie de la dette contractée auprès de la troïka. Une position qui a poussé certains prêteurs internationaux à remettre en doute l’adhésion de la Grèce à l’UE. « L’Europe continuera à exprimer sa solidarité envers la Grèce et les autres pays touchés par la crise, si ces pays mènent des réformes et des mesures de réduction des coûts », a notamment déclaré la chancelière allemande dans une interview au journal Hamburger Abendblatt publiée le 31 janvier.

Le ministre russe des Finances Anton Silouanov a dit que Moscou n’excluait pas la possibilité d’accorder un prêt à Athènes, bien que la Grèce ne l’ait pas demandé.
« Nous pouvons imaginer une situation, dans laquelle une telle demande est présentée au gouvernement russe, nous devons assurément y songer, mais nous prendrons en compte tous les facteurs de nos relations bilatérales avec la Grèce. C’est tout ce que je peux dire. Si elle est présentée, nous y songerons », a dit Silouanov. Ces commentaires ont été faits après le refus grec d’imposer de nouvelles sanctions économiques à la Russie.

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