Syrie : les rebelles empêchent les habitants d'Alep-Est de fuir alors que la trêve touche à sa fin

Syrie : les rebelles empêchent les habitants d'Alep-Est de fuir alors que la trêve touche à sa fin© Abdalrhman Ismail Source: Reuters
Un des passages qui devaient garantir une évacuation sécurisée des habitants d'Alep-Est, jeudi 20 octobre.

A l'issue des trois jours de cessez-le-feu mis en place par Moscou et Damas, aucun civil n'a pu quitter la partie orientale d'Alep, contrôlée par les rebelles. Ces derniers ont en effet bombardé les corridors qui devaient permettre l'évacuation.

«Il y avait des ambulances et des bus qui attendaient les civils, les malades, mais personne n'était autorisé à quitter la zone Est d'Alep», a indiqué samedi 22 octobre le correspondant de RT dans la ville syrienne, Murad Gazdiev. En effet, «les rebelles et les djihadistes» contrôlant cette partie d'Alep ont bombardé les voies qui avaient été désignées pour permettre aux habitants de fuir la ville, durant le cessez-le-feu accordé par les autorités russes et syriennes.

Après avoir interrompu mardi 18 octobre leurs attaques contre les forces rebelles d'Alep-Est, Moscou et Damas ont mis en place jeudi 20 octobre une trêve humanitaire, afin d'autoriser l'évacuation des civils via quatre corridors, mais aussi des combattants, via deux autres corridors. Le cessez-le-feu avait été prolongé jusqu'au soir du samedi 22 octobre.

Or, dès jeudi, le Kremlin avait fait savoir que des rebelles avaient ouvert le feu sur l'un des passages en question, blessant trois militaires russes. Par la suite, le Comité International de la Croix-Rouge, cité par le média allemand Deutsche Welle, avait affirmé que l'évacuation des civils était compromise par les conditions de sécurité trop fragiles au niveau des corridors. Comme l'avait regretté le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, cette situation était le fait du Front Fatah al-Cham (ex-Front al-Nosra, anciennement lié à Al-Qaïda) et d'autres groupes rebelles, dont les combattants ont «délibérément bombardé les routes par lesquelles l'aide humanitaire [pouvait] être livrée».

«Nous avons vu les drapeaux noirs d'Al-Qaïda flotter sur la ville»

La présence de combattants djihadistes liés à Al-Qaïda a été confirmée, samedi, par Murad Gazdiev : «Aujourd'hui, nous nous sommes rendus très près de la ligne de front, de sorte que nous disposions d'une vue directe sur Alep-Est. Et nous avons vu, une fois encore, les drapeaux noirs d'Al-Qaïda flotter sur la ville», a témoigné le journaliste de RT. Ce dernier est également rentré en contact avec des habitants de la partie d'Alep sous contrôle du gouvernement, et dont les parents se trouvent dans la zone orientale. «La situation est extrêmement mauvaise [à Alep-Est]. Ils [les rebelles] prennent la nourriture et l'argent des habitants, les frappent et agissent comme bon leur semble», a notamment confié une Syrienne au reporter.

Le drapeau noir d'Al-Qaida photographié par RT, à Alep-Est.

Samedi, l'agence russe RIA Novosti a également fait savoir que des terroristes du Front Fatah al-Cham avaient exécuté un imam d'Alep-Est qui avait encouragé des militants rebelles à fuir cette zone. Deux jours plus tôt, RIA Novosti avait rapporté que les combattants jihadistes avaient tué 14 civils ayant tenté d'emprunter l'un des corridors humanitaires.

Lire aussi : Une équipe de RT filme le corridor humanitaire à Alep face aux tirs des rebelles (VIDEO)

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