Révélations d'assassinats ciblés par drone : la destitution de Hollande évoquée par un député

Révélations d'assassinats ciblés par drone : la destitution de Hollande évoquée par un député © Frederick FLORIN Source: AFP

Le député (LR) Pierre Lellouche a estimé que la question de la destitution du président de la République était posée, en raison des confidences de celui-ci à des journalistes au sujet d'assassinats de djihadistes par la France durant son mandat.

François Hollande peut-il être déchu de sa fonction de chef d'Etat pour avoir dévoilé aux auteurs de l'ouvrage Un président ne devrait pas dire ça, ses ordres d'assassinat par drone d'au moins quatre personnes, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme islamiste ? C'est en tout cas ce que semble penser le député Pierre Lellouche (Les Républicains) qui, lors d'un débat à l'Assemblée nationale sur les opérations extérieures de la France, le mercredi 19 octobre, a estimé que «la question de l'application de l'article 68 [était] désormais posée».

Cet article de la Constitution indique notamment que le président de la République peut être destitué «en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat» – or, pour l'élu parisien, l'actuel locataire de l'Elysée a «violé ouvertement l'obligation de secret».

«Comment peut-on imaginer, monsieur le Premier ministre, que le président de la République, chef des armées, s'installe dans le rôle de commentateur en temps réel de décisions les plus secrètes en matière d'emploi de la force [...] ?», a lancé le député de droite à Manuel Valls, sans pour autant dénoncer les assassinats de djihadistes eux-mêmes.

Hollande, passible de jugement par la Cour pénale internationale ?

Mardi 18 octobre, ce sont précisément ces assassinats que l'ex-leader du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon avait pris pour cible, lors d'une émission diffusée sur RMC et BFM TV. «J'espère [que François Hollande] va démentir ce qu'il y a dans le livre qui lui est consacré où il reconnaît des assassinats ciblés», avait déclaré le candidat à l'élection présidentielle, avant de souligner que ce type de décision relevait selon lui de la Cour pénal internationale.

Si l'on savait depuis 2014 que François Hollande avait donné l'ordre à la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) de supprimer Ahmed Abdi al-Muhammad, le chef de Shebabs (un mouvement terroriste islamiste somalien), l'évocation de quatre assassinats ciblés à la demande de l'Elysée est inédite. Le président de la République n'est en effet pas censé s'autoriser ce type d'action, décidée de manière arbitraire et sans aucun cadre légal.

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