Wikileaks : les médias britanniques ont ignoré les révélations sur le programme nucléaire Trident

L'équipe du sous-marin nucléaire HMS Vengeance de la marine britannique Source: Reuters
L'équipe du sous-marin nucléaire HMS Vengeance de la marine britannique

La réaction officielle du Royaume-Uni à la publication des failles de sécurité des sous-marins nucléaires Trident est une insulte au public et ces révélations doivent être examinées plus à fond, selon le porte-parole de Wikileaks Kristinn Hrafnsson.

Les accusations n’ont pas reçu beaucoup d’attention de la part des médias britanniques, et, selon le fondateur de Wikileaks Julian Assange, il pourrait être interdit de mentionner ce thème dans l’espace médiatique à cause d’un possible «D-Notice», ce qui veux dire que les médias ont été prévenus par les militaires de ne pas couvrir ce sujet, étant donné que cela relève d’une question de sécurité nationale.

RT : Pourquoi, selon vous, un tel avertissement pourrait avoir été mis en place ?

Kristinn Hrafnsson : Bien évidemment, je n’ai aucune confirmation de l’existence réelle de «D-Notice», mais on peut remarquer que les médias britanniques évitent de relayer ces accusations très sérieuses rendues publiques par William McNeilly dans un rapport très détaillé. Bien sûr, ces informations ont tout de suite été démenties par le ministère de la Défense et puis on a minimisé le rapport, comme on le fait d’habitude avec les lanceurs d’alerte. Les autorités assimilent McNeilly à un officier de rang inférieur qui ne sait pas de quoi il parle.

Mais il y a encore un moyen de se débarrasser d’un lanceur d’alerte, qui est de l’ignorer, tout simplement. Même s’il ne s’agit pas d’une «D-Notice», les médias britanniques passent apparemment sous silence ces accusations sérieuses. Ils n’ont pas voulu lancer de véritable investigation sur ce rapport très détaillé de l’officier de la marine McNeilly.

RT : Je présume que si ces révélations s’avèrent véridiques, il serait très utile d’interdire aux médias de couvrir ce sujet délicat concernant la sécurité, n’est-ce pas ?

Kristinn Hrafnsson : Si ces révélations sont véridiques, ce serait un coup sérieux porté contre le programme Trident. Et, l’on peut déjà remarquer la préoccupation des parlementaires écossais. Je crois que tous les députés de l’Ecosse et du Parti national écossais ont assisté aux débats au Parlement cet-après midi, alors qu’il n’y avait que cinq députés du Parti travailliste et peu de représentants du parti gouvernemental.

Il s’agit, évidemment, d’une question très sérieuse, et il est bizarre de l’écarter complètement. Aujourd’hui, le ministère de la Défense a publié une déclaration, longue de 500 mots, concernant le rapport McNeilly, réfutant tout simplement toutes ses accusations, affirmant qu’elles étaient partiales ou erronées, voire, qu’il ne comprenait pas de quoi il parlait, ce qui semble vraiment très étrange.

Je suis d’accord avec [Alex] Salmond, un député écossais, et tous les autres députés qui ont estimé cet après-midi au parlement qu’une déclaration aussi courte en réponse à une série d’accusations était une insulte au public.

RT : Londres a effectué une enquête sur les accusations de McNeilly et a annoncé qu’il n’y avait aucune faille de sécurité. Est-ce suffisant pour apaiser les inquiétudes du public ?

Kristinn Hrafnsson : Je doute que cela puisse apaiser les préoccupations du peuple écossais qui est contraint de vivre avec ces dangers dans son jardin. J’espère que les médias se réveilleront et qu’ils commenceront à enquêter sur ce sujet. La réponse du gouvernement sent la dissimulation.

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