Sarkozy : on ne peut pas reprocher à la Crimée d'avoir choisi la Russie (VIDEO)

On ne peut pas reprocher à la Crimée d'avoir choisi de quitter l’Ukraine - un pays en proie au conflit - et de rejoindre la Russie, a estimé Nicolas Sarkozy. Il a ajouté que l’Ukraine « n'a pas vocation à entrer dans l'Union européenne ».

« Nous avons une civilisation en commun avec la Russie », a dit l’ex-président français Nicolas Sarkozy lors d'une réunion de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) à Paris. L'ex-président a souligné que « les intérêts des Américains avec les Russes, ce ne sont pas les intérêts de l'Europe avec la Russie », avant d’affirmer que « nous ne voulons pas de la résurgence d'une guerre froide entre l'Europe et la Russie ».

En évoquant le choix criméen de faire sécession de l’Ukraine au moment du déclenchement des bouleversements politiques dans le pays, Sarkozy a noté qu’on ne pouvait reprocher ce souhait aux habitants de la péninsule.

« La Crimée a choisi la Russie, on ne peut pas le lui reprocher », a estimé Nicolas Sarkozy, en mettant en relief qu'« il faut trouver les moyens d'une force d'interposition pour protéger les russophones d'Ukraine ».

En mars 2014, plus de 96 pour cent des habitants de la Crimée, dont la majorité sont ethniquement russes, ont approuvé par référendum la sécession de la péninsule et son rattachement la Russie. Ce souhait a été exprimé au vu des événements de la place Maïdan à Kiev qui ont occasionné la démission du gouvernement régulièrement élu ainsi qu'une remise en cause au plus haut niveau de l'Etat des droits de la population russophone.

En ce qui concerne les espoirs de Kiev de rejoindre l’UE dans un avenir proche, Sarkozy a exprimé une position déjà entendue de la part de certains hauts responsables européens. « L'Ukraine doit garder sa vocation de pont entre l'Europe et la Russie. Elle n'a pas vocation à entrer dans l'Union européenne », a-t-il dit.

Tandis que les pays occidentaux ont condamné la décision russe d'accéder à la demande de rattachement de la Crimée, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a défendu hier à Munich le droit des habitants de la péninsule à l'autodétermination. Il a donné l’exemple du Kosovo qui a été autorisé à se séparer de la Serbie et à créer son propre Etat sans référendum.

« Ce qui s’est passé en Crimée est conforme au principe d’autodétermination des peuples et à la charte de l’ONU », a rappelé Lavrov à la conférence sur la sécurité de Munich. « La charte valide plusieurs principes dont l’un des plus importants est le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ».

Le président français François Hollande s'est dit favorable hier à une autonomie plus large des régions de Donetsk et Lougansk dans l’est de l’Ukraine. Elles ont besoin d'une « forte autonomie » par rapport à Kiev, a-t-il dit à France 2.

Cette déclaration est arrivée après que Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel ont visité Kiev et Moscou les 5 et 6 février pour négocier une solution à la crise ukrainienne en réaction à son aggravation en janvier.

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