Un attentat à l’arme chimique en préparation en Grande-Bretagne ?

Un fourgon de la police britannique près d'une maison à Londres Source: Reuters
Un fourgon de la police britannique près d'une maison à Londres

Des spécialistes militaires britanniques ont mis en garde contre la menace croissante d’une attaque du chlore sur le territoire britannique par les djihadistes qui reviennent des zones de combat au Moyen-Orient.

La police antiterroriste britannique a pris des mesures pour réduire le risque d’attentats au chlore, a indiqué le journal britannique d’information The Times. Ces bombes chargées de chlore, dont l’achat de 90 tonnes est possible sans licence au Royaume-Uni, sont considérées comme «une arme chimique de choix» pour les terroristes.

En savoir plus : aucun objet explosif n'a été découvert à bord de l'avion d'AirFrance fouillé à JFK

Le colonel Hamish de Bretton-Gordon, ancien commandant du «Joint Chemical, Biological, Radiological and Nuclear Regiment britannique» [chargé du traitement des armes biologiques et nucléaires] est en ce moment l’un des experts les plus respectés du pays en termes de guerre chimique. Il appelle les autorités à renforcer les contrôles sur la vente de chlore au vu des risques accrus d'attaques terroristes. «A mesure que les djihadistes reviennent des zones de combat, un attentat au chlore devient de plus en plus probable», a-t-il déclaré au quotidien The Times.

L’expert précise qu’un explosif artisanal peut être fabriqué à domicile et que le chlore qu’on utilise dans des bombes peut être trouvé dans les réservoirs arrières des réfrigérateurs. «N’importe qui peut se rendre dans une déchetterie où les gens se débarrassent de leurs réfrigérateurs, récupérer du chlore et le faire exploser».

L’histoire a été immédiatement reprise par les médias de masse qui nourrissent la crainte que les djihadistes puissent utiliser les connaissances et compétences qu’ils ont acquises en Syrie pour construire une bombe artisanale prête à l’emploi en Grande-Bretagne, où le chlore est disponible à l’achat pour tout un chacun en grandes quantités.

Et pourtant, une seule partie au conflit syrien, à savoir le gouvernement El-Assad, semble pouvoir être soupçonnée de recourir à l’arme chimique contre la population syrienne par ces mêmes médias.

Le quotidien The Guardian, dimanche, a relayé les accusations d’un comité de défense civile dans la province d’Idlib selon lesquelles 35 attaques au gaz de chlore auraient été perpétrées par le régime contre la population civile depuis mi-mars.

Et pourtant, il est à noter qu’en 2013, une commission d’enquête des Nations Unies, malgré les accusations à répétition de la Maison blanche et des médias occidentaux à l’encontre du gouvernement syrien, avait conclu que des groupes rebelles avaient pu utiliser un agent neurotoxique sarin.

Après la réception de témoignages qui laissaient penser que des armes chimiques, en particulier du gaz de combat, ont été utilisées sur le territoire syrien en 2013, la Commission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l'homme en Syrie avait ouvert l’enquête.

«Il ressort de notre enquête que cela [arme chimique] a été commis par les opposants, par les rebelles. Nous n’avons aucune, absolument aucune indication que le gouvernement, les autorités du gouvernement syrien, auraient recouru à des armes chimiques», avait indiqué Carla del Ponte, membre de la Commission, en 2013 dans une interview à la BBC.

De plus, une vidéo publiée en 2012 avait déjà fait douter de nombreuses personnes de la ligne officielle occidentale tenant systématiquement le gouvernement pour responsable s’agissant de l’utilisation d’armes chimiques en Syrie.

Cette vidéo montre un rebelle syrien mélangeant des substances chimiques avant de les tester sur des lapins. Satisfait du résultat de son expérience qui fut fatale aux deux lapins, l’individu prévient les partisans d’El-Assad qu’ils pourraient bientôt connaître le même sort.

Le commentateur politique John Wight estime que la priorité de l’Occident n’est pas de dénoncer les atrocités de Daesh mais de persister à présenter le gouvernement El-Assad comme la menace principale pour le peuple syrien.

«L’Occident veut que nous croyions que le gouvernement laïc de Syrie constitue une menace plus grande qu’un culte médiéval de la mort dont la bestialité ne connaît pas de limites», a-t-il signalé, ajoutant que ce n’est pas un hasard si l’Occident s’emploie maintenant à ranimer la propagande anti-Assad.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales