En Italie, se masturber en public n'est pas un délit... tant qu'il n'y a pas de mineurs à proximité

Université de Catane, en Sicile. Site internet de l'université. DR
Université de Catane, en Sicile. Site internet de l'université. DR

Avis aux exhibitionnistes de tout poil, l'Italie est devenue leur Terre promise. La cour de cassation de Rome vient d'annuler la condamnation d'un Sicilien qui s'était masturbé devant des étudiantes. Ces dernières avaient en effet plus de 18 ans.

L'homme, un certain Pietro L., 69 ans au compteur, mais apparemment toujours vert, avait été condamné en appel à trois mois de prison et 3 420 euros pour s'être masturbé devant des étudiantes aux abords de l'Université de Catane, ville côtière et ensoleillée de Sicile. Mais l'affaire a été portée jusqu'à la plus haute juridiction pénale italienne, et à Rome, les juges n'ont pas vu les choses de la même manière et ont cassé le premier jugement. En cela, ils n'on fait que suivre la loi à la lettre.

L'Italie a en effet revu en 2015 sa législation en la matière, et, depuis, l'«auto-érotisme» en public a été déclassé de la catégorie des délits pour devenir une simple infraction. Seule la masturbation en présence de mineurs reste un délit. Aussi l'exhibitionniste de Catane ne risque-t-il plus aujourd'hui qu'une amende, dont le montant peut tout de même atteindre 30 000 euros. Et l'onaniste devra donc se présenter à nouveau devant le juge du tribunal de Catane.

Pour cette nouvelle «épreuve», Pietro L. pourra compter sur la même avocate, maître Raffaella Spagnoletto qui a plaidé sa cause devant la cour de cassation romaine. Sa ligne de défense ? Son client s'est soulagé dans «l'obscurité du crépuscule», ce qui le rendait moins visible. Et, toujours selon l'avocate, Pietro ne se livrerait «qu'occasionnellement» à ce type de pratique. En clair, Pietro n'abuse pas...

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La décision de la cour de cassation a suscité de nombreuses critiques. Pour Elvira Salvino, député de Forza Italia, le parti de droite italien de Silvio Berlusconi, l'évolution de la loi italienne est tout simplement «une incitation pour tous les maniaques à harceler les femmes». «Leur permettre de commettre des actes obscènes et pourtant d'échapper à la prison, c'est injustifiable», a-t-elle condamné.

Ce n'est pas la première fois que les juges italiens font preuve de clémence en matière d'agressions sexuelles. A Palerme, toujours en Sicile, les juges ont récemment acquitté un chef d'entreprise qui avait pris pour habitude de toucher la poitrine de ses employées, retenant l'excuse de son «immaturité».

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