Le photographe du petit garçon d'Alep serait en lien avec les rebelles décapitateurs d'enfants

© Facebook

Le photographe dont les images du petit garçon blessé d'Alep ont fait le tour du monde, serait un sympathisant du groupe rebelle qui a décapité un enfant en juillet dernier. Sur son compte Facebook, l'homme pose fièrement avec ses membres.

La photo du petit Omrane 4 ans, le visage hagard, couvert de sang et de cendres à l'arrière d'une ambulance à Alep a fait le tour de la toile en quelques heures, devenant un véritable symbole de l'horreur de la guerre en Syrie.

Dans une vidéo tournée au moment où le petit Omrane a été transporté des gravats vers une ambulance, on peut voir brièvement le photographe, qualifié par l'AFP d'«activiste anti-régime», pointer son objectif vers lui. 

Il s'agit en fait de Mahmoud Rslan, un photographe syrien de 27 ans dont la réputation est aujourd'hui entachée par d'impensables soupçons. L'homme serait un sympathisant du groupe rebelle Noureddine Al-Zinki, qui a décapité un petit enfant palestinien en juillet.

Sur une photo publiée sur son compte Facebook le 5 août dernier, le photographe pose tout souriant aux côtés de membres de Noureddine Al-Zinki, dont deux commandants du mouvement à Alep, Omar Salkho et Mohammed Mayuf. «La victoire vient avec la permission de Dieu», peut-on voir écrit en légende.

Or, Omar Salkho et Mohammed Mayuf sont tous deux impliqués dans la décapitation d'un enfant, Abdallah Issa, à Alep, dont le film avait été posté sur YouTube en juillet, suscitant l'indignation générale. 

La vidéo de l'exécution montre bel et bien les commandants Omar Salkho et Mohammed Mayuf, même si le porte-parole du groupe Noureddine Al-Zinki a insisté sur le fait qu'il s'agissait d'un «abus» et d'une «erreur individuelle».

«Cet enfant comme tous les enfants en Syrie est le symbole de l'innocence. Ils n'ont rien à voir avec la guerre», avait pourtant affirmé le photographe à l'AFP. 

Christophe Schmidt, adjoint à la direction de l'information au sein de l'AFP, explique comment l'agence a travaillé avec Mahmoud Rslan. 

«Nous avons un bureau à Damas qui nous permet de couvrir la zone contrôlée par le régime. Nous avons aussi un bureau à Beyrouth, au Liban, par le biais duquel nous rendons compte de ce qui se passe sur les autres parties du territoire. Nous avons enfin une spécialiste des réseaux sociaux et des UGC [contenus générés par les utilisateurs], à Nicosie (Chypre)», peut-on lire dans Le Parisien.  

Selon Christophe Schmidt, Mahmoud Rslan ne participe pas à des opérations militaires, mais fréquente des tas de combattants, ce qui est le cas de nombreux photographes et journalistes. C'est ainsi qu'il serait entré en relation avec Noureddine Al-Zinki. Mais les véritables liens que le photographe entretient avec ce groupe barbare ne sont pour l'instant pas définis.

Ainsi, selon le journaliste de l'AFP, le photographe, en posant aux côtés d'un groupe islamiste décapitateur d'enfant, serait en fait un journaliste humaniste qui ne ferait que son travail en fréquentant des terroristes sans pitié. 

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