Ukraine : l’Europe réticente à armer et financer Kiev (VIDEO)

(REUTERS/Maxim Shemetov) Source: Reuters
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Un seul jour de guerre dans l'est ukrainien coûte des millions d’euros à notre économie en souffrance, Porochenko a admis dans une interview pour Die Welt. Kiev, pour continuer la guerre, a besoin du financement et des armes d’une Europe réticente.

La répression militaire dans l’est de l'Ukraine, qui a déjà raflé la vie d’au moins 5 300 personnes, est en train d’écraser l'économie ukrainienne.

« Un jour de la guerre coûte entre cinq et sept millions d’euros, l'infrastructure a été détruite et la production industrielle a reculé de 20% », a reconnu le président Petro Porochenko dans une interview exclusive pour le média allemand Die Welt.

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Porochenko a accusé les milices de Donetsk d’attaquer les civils et affirmé que le nombre croissant de victimes civiles à Volnovakha , Marioupol et Donetsk « devrait forcer l'Alliance [ l'OTAN ] à octroyer plus de soutien à l’Ukraine», soutien qu'il aimerait voir arriver sous la forme d'armes modernes et offensives.

Un certain nombre d'Etats membres de l'OTAN ont officiellement opposé une fin de non recevoir aux demandes ukrainiennes d’aide militaire.

La France n'a pas l'intention de livrer des armes offensives à l'Ukraine, a déclaré mercredi le président de la république François Hollande.

« En Ukraine, la France veut éviter la guerre et elle n'en sera pas, elle veut éviter cette logique. La France ne rentre pas dans le débat de la fourniture d'armes à l'Ukraine », a dit Hollande lors de sa première conférence de presse de l'année 2015.

La chancelière Angela Merkel a dit lundi 2 février que l'Allemagne ne livrerait pas d’armes à l'Ukraine. Cette phrase a ressemblé à celle prononcée mercredi 4 février par le ministre français de la Défense Jean-Yves le Driand.

Les ministres de la Défense allemand, anglais, danois et néerlandais, lors d’une réunion de l'OTAN à Bruxelles, se sont opposés à l'envoi d'armes offensives en Ukraine.

La Finlande et la République tchèque se sont également prononcées contre l'idée d’octroyer un soutien militaire à Kiev car cela ne ferait que renforcer la crise dans le pays.

L'administration du président Obama, en revanche, étudie la possibilité d’aider militairement les autorités de Kiev.

En savoir plus : L’administration Obama envisagerait la possibilité de livrer des armes à l’Ukraine

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L’Ukraine au bord du gouffre financier

Une crise profonde force l’Ukraine à recourir aux crédits internationaux comme seul moyen de faire tourner son économie.

« Nous avons besoin de soutien financier pour surmonter les difficultés et mener des réformes », a déclaré Porochenko.

L'année dernière, Le Fonds monétaire international (FMI) a ouvert une ligne de crédit de 17,1 milliards de dollars au gouvernement ukrainien dont 4,6 milliards ont déjà été versés. Le reste devrait être alloué en 2015.

Fin janvier, les ministres des Finances de l'UE ont convenu de prêter à l'Ukraine 1,8 milliards d’euros pour éviter un défaut de paiements.

John Kerry, pendant sa visite à Kiev, a rappelé que les Etats-Unis ont promis de consacrer un milliard de dollars aux réformes en Ukraine. Un autre milliard de dollars d'aide américaine, comme l'annonce le secrétaire d'Etat, viendra renflouer un gouvernement ukrainien submergé par les dettes.

En savoir plus : John Kerry en visite à Kiev pour s’entretenir avec Petro Porochenko et Arseni Iatseniouk (VIDEO)

La hryvnia ukrainienne a touché le fond en atteignant le taux de change historique de 24,5 hryvnia pour un dollar américain, ce qui équivaut à une perte de 34% de sa valeur intiale. La Banque centrale d'Ukraine a déclaré ne plus pouvoir soutenir la monnaie nationale dans cette situation étant donné qu'une intervention massive créerait encore plus de fluctuations.

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