Syrie : une nouvelle attaque chimique à Alep aurait fait quatre morts et 55 blessés

Des victimes de l'attaque chimique présumée à l'hôpital d'Al-Qouds Source: Reuters
Des victimes de l'attaque chimique présumée à l'hôpital d'Al-Qouds

En deux semaines, une troisième attaque chimique aurait été commise en Syrie, selon Reuters qui cite des sources médicales. Cette attaque au chlore aurait fait quatre morts et des dizaines de blessés à Alep.

L’hôpital d’Al Quds a enregistré quatre morts par intoxication au gaz et 55 blessés, victimes de difficultés respiratoires, a confié à Reuters l’un des directeurs de l’établissement, Hamza Khatib. Toutes les victimes ont été hospitalisées après le largage de bombes au chlore sur la ville, rapporte l’agence de presse.

Recrudescence d'utilisation d'armes chimiques en Syrie

Le 2 août déjà, une attaque chimique avait eu lieu dans un quartier résidentiel de la ville, tuant sept personnes et en blessant 23 autres. Le lendemain, le ministère russe de la Défense, sur la base de ses informations, avait annoncé que cette attaque était l’œuvre du groupe Harakat Nour al-Din al-Zenki. Ce groupe, que certaines ONG accusent de se livrer à divers autres crimes et exactions, est pourtant considéré  par Washington comme appartenant à l’opposition «modérée» syrienne. Les Etats-Unis ont promis d’arrêter de financer ce groupe si les allégations russes étaient avérées. Dans le contexte de ces révélations, la Russie a demandé à Washington de renforcer sa lutte contre les groupes extrémistes en Syrie.

Le 2 août toujours, une attaque similaire a eu lieu dans la ville syrienne de Saraqeb, à près de 50 kilomètres d'Alep. Une trentaine de personnes, des enfants et des femmes pour la plupart, ont été blessés. Personne n’a revendiqué cette attaque.

Cessez-de feu de trois heures et corridors humanitaires à Alep

A Alep, où de féroces combats ont lieu entre les forces gouvernementales et les rebelles ces derniers jours, la situation reste difficile pour les habitants de la ville malgré l'opération humanitaire lancée par les forces syriennes et l'armée russe. Le 10 août, la Russie a proposé d’établir chaque jour un cessez-le-feu de trois heures pour acheminer de l’aide humanitaire dans la ville et soulager les souffrances des civils.

L’armée de Bachar el-Assad encercle Alep depuis le mois de juillet et les terroristes tentent de créer une brèche dans cet étau. Ainsi le 7 août, le groupe islamiste rebelle l'Armée de la conquête (Jaich al–Fateh) a lancé une contre-offensive. Selon le ministère russe de la Défense, près de 7 000 combattants rebelles se sont rassemblés près d'Alep. Ensemble, tous ces groupes disposent de chars, de véhicules blindés, d’artillerie et reçoivent des renforts des provinces d’Idleb, d'Homs et de Hama.

Pour permettre aux civils de quitter la ville, les forces syriennes et le centre de réconciliation russe ont ouvert fin juillet des corridors humanitaires, l’un d’eux était même réservé aux rebelles ayant décidé de déposer leurs armes. De l’aide humanitaire est également acheminée dans la ville par le biais de ces couloirs. Depuis le 28 juillet, 50 tonnes de produits alimentaires, de biens de première nécessité, de médicaments ainsi que 93 tonnes d’eau ont été distribuées à Alep.

Depuis 2012, Alep, la deuxième plus grande ville de Syrie, est sous le contrôle des djihadistes. Elle est même devenue l’un des bastions du Front al-Nosra. L’armée gouvernementale syrienne a lancé une offensive sur la ville en février dernier et la reprise d’Alep serait une victoire considérable pour les autorités syriennes.

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