Scandale de dopage : au tour du football russe d’être sur la sellette

Des footballeurs russes Source: Reuters
Des footballeurs russes

Après la publication du rapport de l’AMA, la FIFA enquête sur 11 footballeurs russes qui se seraient dopés. Aucun d’entre eux n’appartient à l’équipe nationale, mais certaines voix réclament déjà l’annulation de la Coupe du monde 2018 en Russie.

Dans le prolongement de la publication du rapport de l’Agence mondiale antidopage (AMA) accusant la Russie d’avoir mis en place un système de dopage étatique, la Fédération internationale de football (FIFA) a confirmé le 3 août avoir entamé une enquête visant 11 footballeurs russes. Aucun d’entre eux n’est membre de l’équipe nationale mais leur nom apparaît dans le rapport de l’AMA rédigé par l’avocat canadien Richard McLaren, qui souligne que les résultats positifs de leurs tests ont été dissimulés.

La FIFA est entrée en contact avec la Fédération russe de football qui lui a garanti tout son soutien. «Nous travaillerons sur cette question avec toutes les organisations mandataires et fournirons à la FIFA une assistance tous azimuts», a fait savoir la Fédération russe de football par voie de communiqué.

Attaque contre la Coupe du monde de football 2018 en Russie

L’enquête entamée par la FIFA risque non seulement d’avoir des répercussions sur les footballeurs incriminés dans le rapport McLaren, mais aussi d’éclabousser le football russe en général. S’il s’avère que la Fédération russe de football est fautive, de graves sanctions pourraient suivre, dont les plus sévères seraient la disqualification de la Fédération russe, la suspension de l’équipe nationale, voire même la privation du droit d’organiser la Coupe du monde 2018.

Le 21 juillet déjà, les premières salves étaient parties avec les déclarations de Dick Pound. L’ancien président de l’AMA et actuel membre du Comité internationale olympique (CIO) avait déclaré que l’on ne pouvait pas confier l’organisation de la Coupe du monde de football à un pays impliqué dans des scandales de dopage. «Au cours des 18 derniers mois, la FIFA a bien endommagé sa réputation, notamment en donnant à la Russie le droit d’organiser la Coupe du monde 2018. En Europe, et dans le monde entier, il y a beaucoup de pays, auxquels on peut redonner ce droit. Il y a encore du temps», avait-t-il laissé entendre.

Une campagne planifiée selon Moscou

Le vice-président de la Fédération russe de football, Nikita Simonian, estime que les actions de l’AMA font partie d’une campagne planifiée depuis longtemps. «La campagne a eu lieu et se poursuit maintenant. C’est le programme principal du Royaume-Uni et des Etats-Unis, nous priver de la Coupe du monde 2018. Qui s’est dopé et qui ne l’est pas, il faut l’établir exactement […] Plus il y aura de pression, plus il sera important que la FIFA n’y cède pas», a-t-il confié au journal russe Gazeta.

Et l’ancien président de la Fédération russe de football, Vyacheslav Koloskov, se demande «pourquoi les noms des joueurs testés positifs n’apparaissent qu’un an après que les tests ont été réalisés ? Normalement, tout se passe vite à la FIFA alors que dans cette affaire, un an ou même plus a passé», s’interroge-t-il.

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Le rapport de l’AMA mis en doute

Alors que l'enquête de la FIFA démarre, la fiabilité même du rapport de l'AMA suscite des doutes. Le dernier exemple en date est celui du journal The Australian qui accuse que l’AMA a rédigé ce document en se basant sur des informations détruites ou cachées, ce qui signifie qu’elle ne dispose pas des preuves directes attestant du dopage des sportifs russes.

The Australian a en outre révélé que l’AMA espérait que le CIO suspende toute la délégation russe pour les Jeux olympiques de Rio sur la base de son rapport. Cela ne s’étant pas passé, l’AMA a été «prise au dépourvu, n’ayant pas assez de détails pour justifier ses accusations contre les athlètes», selon le journal australien.

La Russie a toujours estimé que le rapport de l’AMA se basait sur des indications douteuses. Ainsi, le ministre russe des Sports Vitali Moutko a regretté que la commission de l’AMA n’ait pas eu de contacts avec les spécialistes russes et qu’elle ait basé les accusations contenues dans son rapport sur les seules révélations de l’ancien responsable du laboratoire anti-dopage de Moscou, Grigori Rodchenkov. Le président russe Vladimir Poutine, lui aussi, a critiqué ce rapport et dénoncé l’utilisation du sport comme un moyen de pression géopolitique.

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