Hollande et Merkel à Moscou pour présenter un nouveau plan de paix pour l'Ukraine

(REUTERS/Maxim Shemetov) Source: Reuters
(REUTERS/Maxim Shemetov)

Les dirigeants allemand et français présentent aujourd’hui à Moscou un nouveau plan du règlement de la situation dans le Donbass dans la continuité Protocole de Minsk. Un premier examen du document avec Petro Porochenko a eu lieu hier à Kiev.

Après quatre heures de négociations à Kiev, les parties ont  réaffirmé avant toute chose leur attachement au Protocole de Minsk. Petro Porochenko, Angela Merkel et François Hollande ont aussi appelé à un cessez-le-feu immédiat dans l’est de l’Ukraine de même qu’au retrait des armes lourdes et à la libération de tous les prisonniers de guerre. Ces appels font écho aux dispositions du Protocole et du Mémorandum de Minsk.

(REUTERS/Ukrainian Presidential Press Service/Mikhail Palinchak) Source: Reuters
(REUTERS/Ukrainian Presidential Press Service/Mikhail Palinchak)

Pourtant, il est clair qu’Hollande et Merkel n’ont pas fait le déplacement seulement pour réécrire les accords de septembre.

« L’objectif de ces rencontres, sur lesquelles les équipes diplomatiques ont activement travaillé, était l’introduction de nouvelles propositions de développement et de mise en œuvre des accords de Minsk », RIA Novosti cite Valeri Tchaly, chef-adjoint de l’administration du président ukrainien. Ce dernier a dit dans une autre partie de son intervention que la rencontre porterait sur des « propositions concrètes visant à appliquer le Protocole de Minsk ».

La Chancellerie allemande a annoncé que l’ensemble des 12 dispositions du Protocole de Minsk seraient le fondement des pourparlers de Merkel et Hollande aujourd’hui à Moscou.

Rappelons-nous que le Protocole de Minsk comporte 12 dispositions signées le 5 septembre par les représentants de l’Ukraine et des Républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk sous les auspices de la Russie et de l’Organisation pour la sécurité et la coopération  en Europe (OSCE). Parmi les points essentiels figurent le cessez-le-feu, l’échange des prisonniers et un certain nombre de compromis politiques tels que l’obligation pour l’Ukraine d’adopter une loi accordant un statut particulier à certains districts du Donbass. Le Protocole de Minsk a été complété d’un document d’application appelé le Mémorandum de Minsk.

Le journal allemand Süddeutsche Zeitung a révélé que l’Allemagne et la France menaient les négociations sur la base des accords de Minsk mais en tenant compte de l’évolution de la situation dans le Donbass. Une information est apparue dans les médias selon laquelle un nouveau plan prévoyait de donner une autonomie aux Républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk sur un territoire plus grand que ce qui était prévu dans les accords précédents. Le gouvernement d’Allemagne a par la suite nié cette information.

« Il est peu probable que la trêve soit stable en gardant la même ligne de contact sur le terrain. Par conséquent, les diplomates ont déjà entamé des négociations sur un accord "Minsk plus" », écrit Süddeutsche Zeitung.

Selon le journal, les dirigeants allemand et français ont dû « convaincre Porochenko que c’est la dernière chance de sauver l'Ukraine de la défaite militaire et de l'effondrement économique » .

Le conseiller du président russe Iouri Ouchakov espère que le plan du président Hollande et de la chancelière Merkel sera « intégral » et prendra en compte les propositions faites par le président russe Vladimir Poutine. Le chef-adjoint de l'administration du président ukrainien Valeri Tchaly, cependant, a répondu sèchement que les propositions de Moscou n’étaient pas le sujet des négociations d’hier.

Selon le Süddeutsche Zeitung, les dirigeants allemands et français voudraient souligner dans les pourparlers avec la Russie que Moscou n’a pas intérêt ni à de nouvelles sanctions, ni à des livraisons d'armes américaines à l'Ukraine.

En savoir plus : L’administration Obama envisagerait la possibilité de livrer des armes à l’Ukraine

RIA Novosti écrit en se référant au Nouvel Observateur qu’Hollande et Merkel sont à Moscou pour empêcher les livraisons d'armes américaines à l'Ukraine car ils trouveraient cette initiative trop risquée.

« Ils présenteront leurs propositions de règlement diplomatique du conflit juste avant que le vice-président américain Joe Biden présente les siennes – qui seront plus musclées – ce samedi au Forum de Munich sur les politiques de défense. « Avec ce document, la France et l'Allemagne seront en mesure de démontrer que la fourniture d'armes n’est pas nécessaire  », lit-on dans le Süddeutsche Zeitung.

Le Président d’Ukraine, à son tour, a déclaré que les pourparlers à Kiev donnent l’espoir d’atteindre un accord viable de cessez-le-feu.

« Nous espérons arriver à un résultat mais ce que nos partenaires européens rapporteront de Moscou sera d’une importance capitale … J’espère que les propositions que nous avons élaborées ici seront acceptées à Moscou… On attendra les résultats des pourparlers de Moscou et on envisagera ensuite la continuation du format dont il a été question aujourd’hui. Mais c’est une décision à prendre quand on aura les résultats de Moscou », a dit le chef-adjoint de l'administration du président ukrainien, jugeant l'entente de Kiev comme « un résultat intermédiaire, pas définitif ».

Il est à noter qu’aucune déclaration n’a été faite devant la presse à l’issue des pourparlers entre Hollande, Merkel et Porochenko dans la capitale ukrainienne.

 

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Enquêtes spéciales