«Okinawa sans bases américaines» : des milliers de Japonais ne veulent plus de militaires étrangers

La manifestation contre la base militaire américaine à Okinawa Source: Reuters
La manifestation contre la base militaire américaine à Okinawa

Plusieurs dizaine de milliers de manifestants sont descendus dans les rues d’Okinawa et du Japon pour protester contre le déménagement prévu de la base militaire américaine sur l’île d’Okinawa.

Les manifestations ont débuté le 15 mai à Okinawa où 1 200 personnes ont célébré le 43ème anniversaire du retour de l’île sous la souveraineté japonaise et le 17, ils étaient encore plusieurs milliers à critiquer le gouvernement japonais, qui apparemment fait la sourde oreille à leurs revendications

«Même après notre retour, le problème des bases [militaires] reste inchangé», a déclaré Takeshi Onaga, le gouverneur d’Okinawa, durant la manifestation, en ajoutant que le retour de l’île, anciennement chinoise, dans le giron japonais n’avait pas apporté à ses habitants ce qu’ils attendaient.

Les manifestants estiment en effet que l’île a vécu des décennies d’injustices venues tant des Etats-Unis que du Japon. 

«Nous avons beaucoup souffert des bases et je suis en colère à cause de l’arrogance des gouvernements des Etats-Unis et du Japon qui insistent pour construire une nouvelle base à Henoko», a déclaré au Japan Times Fujiko Matsuda qui est à la tête d’un groupe de citoyens.

Samedi, les manifestants ont fait une marche autour de la base aérienne américaine de Futenma dans la ville de Ginowan. Dans le Japon tout entier, de Hokkaido à Nagasaki, près de 2 600 personnes sont également descendues dans les rues pour exprimer leur mécontentement. 

Les manifestants ont crié des slogans comme «Non au renforcement des liens de défense entre le Japon et les Etats-Unis», «Rendez-nous Okinawa sans bases américaines», «Les Etats-Unis doivent respecter la volonté des habitants d’Okinawa».

Dans la ville d’Henoko, au nord-est, des milliers de manifestants ont affronté la police à l’extérieur du nouveau «Camp Schwab» et quelques-uns d’entre eux ont été arrêtés lors d’échauffourées.

Samedi, environ 35 000 personnes sont venus pour manifester dans la préfecture. 

«Peu importe combien de temps cela pourra prendre, nous n’arrêterons pas de lutter jusqu’à ce que le gouvernement renonce», a souligné Keichi Takara, le directeur de la Confédération des Syndicats d’Okinawa. «Avec cette manifestation, nous réaffirmerons notre engagement résolu», a-t-il déclaré.

La base aérienne du Corps des Marines des Etats-Unis de Futenma dans la ville très peuplée de Ginowan est le centre de tensions entre les soldats américains et la population locale depuis des années. Okinawa, qui héberge près d’un pour-cent de la population japonaise, accueille près de la moitié des 47 000 soldats américains basées au Japon.

Les autorités tokyoïtes veulent fermer cette base et en ouvrir une nouvelle dans la ville plus isolée d’Henoko, au centre de l’île. Mais la majorité de ses habitants, de même que le gouverneur d’Okinawa Takeshi Onaga, veulent faire échouer la construction de cette nouvelle base.

En mars, Takeshi Onaga avait demandé l’arrêt de l’examen aquatique nécessaire pour construire une piste d'atterrissage pour la nouvelle base, en invoquant des dommages environnementaux. Il a rencontré pour la première fois le ministre de la Défense, le général Nakatani, en mai et discuté du plan de déménagement. Les deux hommes ne sont toutefois pas parvenus à se mettre d’accord. 

Il existe une longue liste d’incidents et de crimes présumés commis par les militaires américains à Okinawa. La vague actuelle de ressentiment contre la base est alimentée par une triste affaire qui remonte à 1995, lorsque trois marines américains avaient enlevé et violé une écolière de 12 ans

Il y a eu d’autres cas de crimes sexuels commis à l’encontre de mineurs en 2001 et en 2005 ou encore, en 1998, un marine américain saoul avait tué une étudiante en lui roulant sur le corps avec son véhicule. 

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