Varsovie indemnise les prisonniers de la CIA détenus en Pologne

Une clôture en fil de fer barbelé autour d'une prison secrète de la CIA en Pologne© Kacper Pempel Source: Reuters
Une clôture en fil de fer barbelé autour d'une prison secrète de la CIA en Pologne

Les autorités polonaises doivent payer 100 000 euros à chacun des détenus incarcérés par les services américains dans la prison secrète de la CIA sur leur territoire.

La Cour européenne des droits de l'homme a reconnu la Pologne coupable de violations des droits de l’Homme et a obligé Varsovie à payer 100 000 euros d’indemnités aux prisonniers de la CIA retenus et torturés sur son territoire.

Par le biais de leurs avocats, le saoudien Abd al-Rahim al-Nashiri, soupçonné d’avoir participé à l'attentat contre le navire américain USS Cole au Yémen en 2000 qui a fait 17 morts parmi les marins américains, et le palestinien Abou Zoubeida, membre présumé d’Al-Qaïda, avaient déposé une plainte contre la Pologne devant la Cour européenne des droits de l'homme il y a déjà quelques années. S’ils résident aujourd’hui encore dans le centre de détention de Guantanamo à Cuba, ils ont affirmé avoir été torturés par la CIA en Pologne.

En savoir plus : Cour européenne : la CIA torturait en Pologne

A l’heure actuelle, la Pologne a indemnisé un des deux prisonniers.

Les «sites noirs» sont les prisons secrètes où la CIA détenait sans aucune forme de procès des hommes soupçonnés de terrorisme. Ils n’étaient pas traduits devant la justice. D’après un rapport émis par le sénat américain, tous deux ont été détenus «à cause d’une faute du renseignement ou d’une identité faussement établie».

La Pologne embarrassée

Dans une interview accordée à RT, le professeur américain de l’université de Toledo, Ben Davis, a affirmé que ce n’était que justice que les personnes impliquées dans les tortures soient traduites en justice pour les crimes qu’elles ont commis.

«La CIA et ceux qui ont mis en place ce système en Pologne ont trahi l’obligation légale de ne pas torturer les gens. Maintenant cela leur donne une mauvaise image, ils auraient dû s’attendre à ce qui allait se passer après les révélations. Inévitablement, les choses de ce genre sont révélées d'une façon ou d'une autredans une société démocratique», a fait savoir Ben Davis.

Il estime que des poursuites pénales doivent déterminer les personnes impliquées dans ces tortures, crime qui à ses yeux est d’une extrême gravité. «Les seules personnes trahies sont les citoyens lambda de tous ces pays qui comptent sur leurs gouvernements pour ne pas torturer les gens, se conformer à leurs obligations de droit national et international», a confié le professeur américain.

Quelques personnalités polonaises sont également profondément agacées par les révélations de ces cas de torture. C’est le cas de l’ex-Premier ministre polonais Radoslaw Sikorski qui a déclaré : «Nous somme embarrassés. Vous pouvez imaginer comment le peuple polonais se sent face à cela».

Varsovie et Washington ont longtemps démenti l’existence-même des prisons de la CIA en Pologne, et a fortiori les pratiques de torture.

Szczytno, Pologne Source: Reuters
Szczytno, Pologne

Les techniques choquantes des prisons secrètes

Après les attentats du 11 septembre, Washington a incarcéré dans ces prisons secrètes des individus soupçonnés de terrorisme venant d’Afghanistan, du Pakistan et d’autres pays arabes, pour la simple est bonne raison que les tortures qui y étaient pratiquées sont interdites sur le territoire américain. C’est pour cette raison que Washington a installé ces prisons dans d’autres pays, tels que le Pakistan, l’Afghanistan, la Jordanie, l’Egypte et la Pologne.

Les révélations sur l’existence des prisons secrètes de la CIA découlent d’un rapport du Sénat américain qui a forcé Barack Obama à reconnaître que tout de suite après les attentats du 11 septembre 2001, la CIA avait fait «des choses fausses». «Nous avons fait plusieurs choses qui étaient correctes, mais nous avons torturé des gens», avait reconnu le président américain.

Il faut rappeler que les soi-disant «techniques d’interrogation améliorée» comportaient des simulations de noyade et d’autres formes différentes d’humiliation des prisonniers telles que des positions douloureuses et la privation de sommeil.

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales