Angela Merkel reconnaît que des terroristes se mêlent aux flux de migrants

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Championne de la cause de l'accueil des réfugiés en Europe, la chancelière allemande a reconnu que les vagues migratoires en direction du continent avaient été utilisées par des organisations terroristes pour y faire entrer certains de leurs hommes.

«Le flux de réfugiés a [...] été utilisé pour faire entrer des terroristes [en Europe]» a affirmé la chancelière allemande, Angela Markel, devant des militants chrétiens-démocrates de son parti, la CDU.

L'aveu, inédit dans la bouche de la chancelière, survient une semaine après que le chef des renseignements allemands, Hans Georg Maassen, a révélé que 17 membres de Daesh avaient pénétré sur le continent en se faisant passer pour des réfugiés. Début juin, en outre, un projet d'attentat à Düsseldorf impliquant un groupe de Syriens liés à l'Etat islamique avait été déjoué par les autorités.

Un aveu difficile pour la plus grande partisane européenne de l'accueil des migrants

Depuis le début de la crise migratoire que traverse l'Europe, Angela Merkel s'est distinguée des autres dirigeants nationaux par son soutien acharné à une politique d'ouverture des frontières, présentée comme un devoir d'humanisme vis-à-vis des populations touchées par les guerres civiles.

Cet engagement a été applaudi par un certain nombre de médias et d'experts, qui présentent la venue d'immigrés comme une chance pour l'économie allemande, en proie à une crise démographique. Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz, notamment, avait loué la politique migratoire de Merkel, capable selon lui de garantir la puissance de l'Allemagne sur le long terme.

En 2015, la chancelière s'était engagée à accueillir 800 000 migrants (soit quatre fois plus qu'en 2014), contribuant à l'exacerbation des flux migratoires vers le continent : environ un million de migrants, en partie originaires de Syrie, étaient finalement entrés dans le pays l'année dernière.

Une politique européenne de «quotas» voulue par l'Allemagne

Afin de ne pas laisser à la seule Allemagne la tâche d'assumer cet appel d'air migratoire, Angela Merkel a bataillé pour que le Conseil de l'Union européenne (réunissant les ministres des Etats membres de l'Union) accepte un projet de répartition des migrants entre les différents pays. Résultat : en septembre 2015, le Conseil a voté l'obligation pour 25 des 28 Etats de l'UE d'accueillir des quotas de migrants. Une décision à laquelle se sont vivement opposés certains dirigeants européens, parmi lesquels le Premier ministre hongrois, Viktor Orban.

«La politique allemande sur les réfugiés n'est pas sans alternative», déclarait-il en février 2016 au journal allemand Bild, tout en assurant que «les quotas [allaient] changer le profil de l'Europe d’un point de vue ethnique, culturel et religieux». Joignant les actes à ses paroles, le chef du gouvernement hongrois est allé jusqu'à annoncer à son peuple, début juillet, la tenue d'un référendum sur la question.

Depuis l'ouverture des frontières : montée des mouvements anti-immigration et multiplication des actes xénophobes

Au niveau national, la politique migratoire généreuse d'Angela Merkel a largement contribué à entamer la popularité de celle-ci, jusqu'alors très élevée. L'image de la chancelière auprès de la population allemande a été tout particulièrement entachée par la vague d'agressions sexuelles du Nouvel An 2016, ayant impliqué de nombreux étrangers à Cologne et dans d'autres villes du pays. Selon des sondages parus en mai, l’alliance entre la CDU d'Angela Merkel et la CSU bavaroise serait créditée de 30,5% des voix, contre 41,55% lors des dernières élections législatives, en 2013.

L'ouverture des frontières nationales a en outre généré l'éclosion du mouvement anti-islamisation Pegida, qui est parvenu à réunir à plusieurs reprises plus de 20 000 personnes lors de «marches de protestations», à Dresde notamment. Autre conséquence du tournant pro-migrants de Merkel : le parti anti-immigration et eurosceptique AfD (Alternative pour l'Allemagne), créé en 2013 et ne disposant pour l'instant d'aucun député, connaît un essor fulgurant, au point d'être crédité de 15% d'intentions de vote dans les derniers sondages. Six ce résultat était confirmé par les urnes, il deviendrait alors la troisième force politique du pays, devant les Verts et la gauche radicale.

Enfin, le nombre d'actes xénophobes a fortement crû en Allemagne, depuis la mise en place d'une politique migratoire moins restrictive. L'Office fédéral de police criminelle allemand a recensé 500 actes xénophobes pour l'année 2015, contre 114 pour l'année 2014... et seulement 18 pour l'année 2013 ! Ces actions malveillantes prennent notamment la forme d'attaques contre les centres de réfugiés : en 2015, le journal Die Zelt en a dénombré plus de 220.

Le bilan s'avère donc plutôt lourd pour Angela Merkel qui, bien qu'ayant reconnu dès 2010 que le multiculturalisme était un échec, a voulu faire de l'Allemagne un exemple «heureux» d'ouverture des frontières.

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