Recherché en Russie, le cerveau de l’attentat d’Istanbul n’avait pas été extradé par l’UE en 2010

© Murad Sezer Source: Reuters

Un Tchétchène, qui serait le cerveau de l’attentat terroriste de l’aéroport d’Istanbul, avait reçu le statut de réfugié en Autriche. Ce qui l’a aidé à éviter l’extradition vers la Russie pour faire face à des accusations de terrorisme.

L’attaque contre l’aéroport d’Istanbul, qui a fait 44 morts et plus de 230 blessés, aurait été organisée par Ahmed Tchataïev. Ce ressortissant russe d’origine tchétchène a rejoint Daesh en 2015 et, pour l’heure, combat en Syrie, selon des médias turcs qui citent des sources policières.

Il a été attribué à Ahmed Tchataïev un rôle majeur dans l’entraînement des extrémistes qui ont perpétré des attentats terroristes en Russie et Europe occidentale, avait déjà fait savoir le vice-président du Comité d’enquête russe, Andreï Przhezdomski, plus tôt cette année. Ce dernier avait révélé qu’Ahmed Tchataïev commandait en Syrie une unité composée «d’émigrés du Caucase du Nord».

Les autorités russes l’ont pendant longtemps recherché pour faits de terrorisme, mais il avait fui en Europe, où il avait reçu l’asile et ainsi réussi à éviter l’extradition en Russie.

Ahmed Tchataïev avait intégré les rangs des combattants qui avaient lutté contre la Russie lors de la Seconde guerre de Tchétchènie, entre 1999 et 2000, pendant laquelle il avait perdu un bras. Il était à l’époque vu comme un représentant de Dokka  Oumarov, considéré comme un dangereux terroriste en Russie et en Europe occidentale.

Le suspecté cerveau de l’attentat d’Istanbul figurait sur les listes russes depuis 2003 pour financement de terrorisme, recrutement d’extrémistes et adhésion à un groupe terroriste. Tout cela ne l’a pas empêché de recevoir l’asile la même année en Autriche. Ahmed Tchataïev aurait affirmé avoir perdu son bras lors de violentes tortures dans les prisons russes et être poursuivi par les autorités russes.

En 2008, il a été détenu pendant un an, avec d’autres Tchétchènes, dans la ville suédoise de Trelleborg lorsque la police a retrouvé des fusils d’assaut, des explosifs et des munitions dans sa voiture.

En 2010, Ahmed Tchataev a été arrêté en Ukraine. Dans son portable, il y avait des instructions quant à une technique de démolition et des photos des gens tués lors d’une explosion. La Russie a alors demandé son extradition pour faits de terrorisme, mais la Cour européenne des droits de l’Homme a ordonné l’Ukraine de ne pas le remettre à la Russie. Amnesty International avait aussi appelé les autorités ukrainiennes à ne pas l’extrader, estimant qu’Ahmed Tchataïev «pouvait faire face à un processus inéquitable et être torturé et maltraité».

Il a été à nouveau incarcéré un an plus tard, alors qu’il franchissait la frontière turco-bulgare, mais a de nouveau échappé à l’extradition grâce à l’intervention des organisations de droits de l’homme qui ont indiqué que Tchataïev bénéficiait du statut de réfugié en Autriche.

Entre 2012 et 2015, le Tchétchène aurait vécu en Géorgie, où il aurait aussi rejoint des groupes terroristes et purgé une peine de prison pour faits de terrorisme.

En février 2015, il s’est rendu en Syrie, où il a rejoint les combattants de Daesh, et rapidement grimpé les échellons dans la hiérarchie de l’Etat islamique. En octobre 2015, le ministère américain de la Justice a ajouté Ahmed Tchataïev à sa liste de terroristes à cause de son implication présumée dans le recrutement d’extrémistes.

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