Crise migratoire: la Libye rejette le plan européen, l'Italie veut les faire travailler gratuitement

Migrants à bord d'un navire militaire italien Source: Reuters
Migrants à bord d'un navire militaire italien

Ce sont 219 migrants de plus qui ont été recueillis en Méditerranée vendredi soir alors que la Libye soutient que la destruction des bateaux des passeurs serait une mesure inutile et que la tension continue de monter en Italie.

Dans la nuit de vendredi à samedi, des dizaines de migrants originaires de Syrie et de Somalie ont été recueillis par le M.Y. Phoenix, navire affrété par Médecins sans Frontières conjointement avec le MOAS (ONG d’aide aux migrants), avec le soutien des garde-côtes italiens, alors qu’ils tentaient la traversée depuis la Libye pour rejoindre l’Europe.

Ces dernières semaines, l’Italie a vu débarquer sur son territoire des milliers de migrants, alors que l’Organisation internationale des migrations estime à plus de 1 800 depuis le début de l’année le nombre de désespérés ayant péri en mer dans leur tentative de traversée.

Selon Mario Morcone, chef du Département des droits civils et de l’immigration au ministère, le pays héberge quelque 84 000 migrants et plus de 9 000 sont arrivés en moins d’une semaine. Les autorités italiennes, dépassées, constatent que la situation devient de plus en plus tendue dans certains ports du sud du pays. A tel point que le ministre italien de l’Intérieur Angelino Alfano a proposé des mesures pour le moins polémiques, souhaitant que les migrants travaillent gratuitement pour les municipalités dans lesquelles ils résident temporairement.

«Nous devons demander aux communes d’appliquer notre directive permettant de faire travailler les migrants gratuitement», a-t-il déclaré à la presse italienne, «plutôt que de les laisser là à rien faire, qu’ils les fassent travailler».

Cette sortie hasardeuse a enflammé les réseaux sociaux en Italie et au-delà, nombreux voyant le pays revenir vers un passé peu glorieux, certains n'hésitant pas à parler de retour à l'esclavagisme.

De l’autre côté de la Méditerranée, la Libye, principal pays de départ des bateaux de migrants, a refusé le plan proposé par l’Union Européenne sur la crise des migrants.

Ce plan, consistant à détruire les embarcations des passeurs servant aux migrants à traverser la mer qui les sépare de l’Europe, ainsi que l’envoi de troupes européennes sur le sol Libyen a reçu une fin de non-recevoir de la part de Ibrahim Dabbashi, représentant permanent de la Libye aux Nations Unies.

Pour le diplomate libyen, la question des migrants en Méditerranée ne pourra être réglée que lorsque son gouvernement aura repris en main la totalité du territoire libyen : «Une fois que le gouvernement aura repris la capitale, et contrôlera la partie ouest de la Libye, je pense qu’il sera très facile de stopper ce flux d’immigrés illégaux car nous connaissons tous ceux qui sont impliqués».

La guerre civile résultant de la chute du régime de Mouammar Kadhafi par des rebelles soutenus par l’OTAN a aggravé la situation des migrants, dorénavant confrontés aux échauffourées entre deux gouvernements rivaux et l’absence de réaction appropriée de la part des pays européens.

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