Ukraine : les insurgés évacuent les habitants d’Ouglegorsk, la ville est complètement rasée

Entre 600 et 3 000 personnes ont été évacuées par les milices locales à Ouglegorsk après des bombardements incessants par l’armée ukrainienne. Des habitations civiles ont été détruites et les livraisons de produits alimentaires interrompues.

D’après Daria Morozova, commissaire aux droits de l’homme de la République autoproclamée de Donetsk (RPD) citée par RIA Novosti, les insurgés auraient déjà évacué près de 600 habitants d’Ouglegorsk, ville pilonnée plusieurs heures sans interruption par les troupes gouvernementales.

Selon les données d’un correspondant de guerre de l’agence vidéo Ruptly, les milices ont pu évacuer près de trois mille personnes dans des véhicules militaires et des bus. « Les civils se sont dirigés vers la banlieue de la ville où se trouve un avant-poste des milices et ont été évacués dans les villes voisines de Gorlovka et d’Ienakievo », a-t-il annoncé. Par la suite, les autorités locales ont pris en charge les réfugiés en leur fournissant l’assistance nécessaire. Selon ses mots, il y a beaucoup de morts dans la ville, des maisons sont détruites et les bombardements continuent.

«  Les tirs continuent. Quand nous partions, une forte fusillade s’est déclenchée. Artillerie lourde, rafales… Des combats sérieux se poursuivent. La ville est complètement rasée, chaque maison est détruite, il y a beaucoup de morts, la situation est effrayante. Les gens se cachent dans les trains, il n’y a pas d’alimentation. La ville est privée d’électricité et de livraisons alimentaires depuis plus d’une semaine. Ouglegorsk est au bord de la catastrophe humanitaire, il n’y pas d’eau dans toute une partie de la ville », a raconté le correspondant de guerre de Ruptly.

Les habitants prennent seulement les affaires les plus nécessaires et font la queue en attendant leur évacuation. Il y a beaucoup de femmes et de personnes âgées parmi les sinistrés.

«  C’est l’enfer. Un vrai pandémonium. Nos parents sont restés là-bas. Nous sommes à peine parvenus à quitter la ville. Les milices nous ont évacués dans des camions Oural. Avant-hier, les bombardements ont duré sept heures sans interruption. Tout s’effondrait, c’est indescriptible. La ville n’existe plus de même que les maisons. On n’a nulle part où aller. Qu’est-ce que nous devons faire ? Nous n’avons pas d’argent. Nous n’avons rien », a raconté à RT une des femmes évacuées.

« Les forces armées ukrainiennes se trouvent derrière notre mine. Elles ont tiré pendant deux heures sur une zone résidentielle où il n’y avait que des civils. Tant de gens ont péri, tant de maisons ont été détruites. Ils voient bien qu’il s’agit d’une petite ville peuplée d’habitants pacifiques. Il n’y avait pas de République populaire de Donetsk ici. Il n’y avait aucun soldat », a ajouté une autre femme qui attend d’être évacuée.

Les résidents ont aussi raconté à RT que la ville a été bloquée et qu’il n’était pas possible de partir plus tôt. C’était devenu de plus en plus impossible de rester à Ouglegorsk: les pensions ne sont plus payées depuis plusieurs mois, les produits ne sont pas livrés, les gens sont abandonnés à leur sort.

Du point de vue du ministère des Affaires étrangères russe, les derniers événements dans la région du Donbass confirment les craintes les plus sérieuses selon lesquelles le gouvernement de Kiev est déterminé régler la situation par l’emploi de la force militaire. De nouveaux pourparlers de paix se sont déroulés le 30 janvier à Minsk mais aucun document définitif n’a pour l’instant été signé, la discussion continue.  Les autorités ukrainiennes officielles d’une part et les représentants des Républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk d’autre part se sont accusés mutuellement d’envenimer le conflit à l’heure d’un blocage des négociations.

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