Niger : Mais qui contrôle Bosso depuis l’attaque de Boko Haram ?

Les soldats nigériens ont-ils quitté Bosso ? Source: Reuters
Les soldats nigériens ont-ils quitté Bosso ?

La localité située dans le Sud-Est du Niger a été la cible d’une terrible attaque de Boko Haram vendredi. Depuis, un grand flou règne sur la situation en ville. Les versions contradictoires se succèdent.

On parlait d’abord de 32 morts du côté des forces armées du Niger et du Nigéria. Mardi, un nouveau bilan communiqué par Niamey fait état de 26 tués dans leurs rangs et 55 terroristes de Boko Haram abattus. A l’instar de ce compte évolutif, difficile de savoir qui contrôle désormais Bosso. La ville martyre a subi une des attaques les plus sanglantes de ces dernières années au Niger. Dimanche, le ministre de la Défense s’était rendu sur place. Les forces armées nigériennes prenaient place dans la ville. Tout semblait sous contrôle.

Bosso se situe à proximité de la frontière avec le Nigéria© Google Maps
Bosso se situe à proximité de la frontière avec le Nigéria

Mais voici que lundi, le maire de la ville, El Hadj Bako Mamadou, lâchait une bombe : «La ville est occupée par les éléments de Boko Haram. Plusieurs habitants ont tenté ce lundi de retourner à Bosso, mais ils ont trouvé les éléments de Boko Haram en ville. Les habitants disent qu'ils ont brûlé plusieurs bâtiments dont la chefferie traditionnelle et hissé leur drapeau : jusqu'à présent, il n'y a plus de forces de défense ni à Bosso ni à Toumour, une localité toute proche.»

Des dires confirmés par plusieurs sources humanitaires. Selon l’édile, les militaires se sont retirés de la ville après la visite du ministre, laissant ainsi le champ libre à Boko Haram. «Ça nous a vraiment surpris, parce que ce dimanche, le ministre de la Défense est arrivé jusqu'à Bosso. Il a certainement donné beaucoup de conseils. Les forces de défense étaient sur place. Et d'un seul coup elles sont parties et nous on n'a rien entendu comme explication», explique l’élu.

Les autorités martèlent qu’elles contrôlent la ville

Du côté du gouvernement, on crie à la manipulation. Assoumana Malam Issa, porte-parole de Niamey, a tenu à rassurer ses compatriotes sur une chaîne publique. «Contrairement à cette rumeur savamment distillée […], la ville de Bosso est totalement sous contrôle», a-t-il martelé.

Avant lui, c’est un autre porte-parole des autorités de Niamey, Dan Dako Mahamadou Laouali, qui y était allé de son mot : «Moi j'ai été à Bosso. J'ai vu les positions, assure Dan Dako Mahamadou Laouali. On a fait le tour avec le ministre de la Défense et j'ai vu les militaires nigériens en poste. Donc la situation est maîtrisée. C'est ça la vérité.»

Alors quid de la vérité ? Et bien ce n’est pas si simple. Selon Jeune Afrique, des opérations militaires avaient encore lieu lundi dans la ville afin de déloger les terroristes. Toujours d’après le média, 17 véhicules et environ 150 unités de la brigade anti-terroriste étaient déployés pour «ratisser les quartiers et déminer les éventuels bâtiments piégés».

L’agence de presse Reuters, qui possède pourtant un grand nombre de correspondants en Afrique, précisait lundi «ne pas être en mesure de vérifier qui contrôle la ville».

Trois jours de deuil national ont été décrétés au Niger suite à l’attaque. Les autorités ont promis de «laver l’affront».

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

Social comments Cackle
Enquêtes spéciales