Le Premier ministre néerlandais : le Brexit causera «une course vers le bas inévitable»

Mark Rutte © Olivia Harris
Mark Rutte

Mark Rutte, Premier ministre des Pays-Bas, a mis en garde le Royaume-Uni que s’il ne changeait pas son système d’immigration et durcissait les règles d’entrée pour les Européens en cas du Brexit, le Hollande adopterait la même approche.

Le Brexit provoquera «une course vers le bas inévitable», a mis en garde le Premier ministre néerlandais Mark Rutte dans une interview accordée à la BBC en se référant à une promesse des partisans de la sortie de l’Union européenne d’introduire un système «plus équitable» d'immigration fondé sur un système de points.

A l’heure actuelle, le Royaume-Uni dispose d’un système d'immigration fondé sur un système de points pour les gens qui viennent à travailler dans le pays en dehors de l’UE. Cela signifie que le permis d’entrée pour travailler se limite aux gens qui sont considérés comme utiles pour l’économie britannique, tels que des spécialistes des professions qui connaissent une pénurie ou des investisseurs ou des entrepreneurs aisés. Ces migrants gagnent davantage de points pour leur visa. Chaque année les migrants indiens, pakistanais et américains sont plus nombreux à venir travailler au Royaume-Uni que les Européens.

Cependant les partisans du Brexit estiment que la mise à terme du droit des citoyens européens d’habiter au Royaume-Uni créerait un système «plus humain». Ils se prononcent pour que l’actuel système d’immigration soit étendu aux migrants européens qui pour le moment sont libres de venir au Royaume-Uni.

Pour Mark Rutte, cela serait «de très mauvaises nouvelles» si le Royaume-Uni adoptait cette approche. «Cela signifiera immédiatement que cela ira à l’encontre des intérêts de la population», a-t-il déclaré. Il a ajouté qu’il serait «impossible» pour lui, dans ce cas, de ne pas mettre en œuvre un système identique pour les résidents britanniques.

Le Nexit est-il possible ?

Les Pays-Bas se posent eux aussi la question de la sortie de l’Union européenne, le Nexit. Il suffit de rappeler le référendum néerlandais sur l'accord d'association Ukraine-UE tenu le 6 avril dernier. Ses organisateurs avaient eux-mêmes indiqué que la question de l’Ukraine n’avait pas trop d’importance pour eux, leur tentative principale était de créer des tensions entre les Pays-Bas et l’Union européenne et des opportunités pour le Nexit.

 «En fait, on s’en fiche de l’Ukraine, vous devez le comprendre», avait déclaré à l’époque Arjan van Dixhoorn, l’une des organisatrices et la présidente de l'association Burgercomité UE. «Nous utilisons toutes les possibilités pour mettre la pression sur les relations entre les Pays-Bas et l’UE», avait-t-elle ajouté.

Au référendum, 61% des électeurs ont dit «non» à l’accord d’association Ukraine-UE, contre 38,2% qui se sont prononcés en sa faveur. Ce traité qui est entré en vigueur à titre provisoire le 1er janvier 2016 porte sur un renforcement des liens aux niveaux politique, économique et de défense entre l'UE et l'Ukraine.

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