Tony Blair : l'Occident a «profondément» sous-estimé les conséquences de la chute de Saddam Hussein

Source: Reuters

L'ex-premier ministre britannique admet que la Grande-Bretagne et les Etats-Unis ont «profondément» sous-estimé le chaos qui suivrait la destitution de Saddam Hussein, laquelle a conduit à la formation de l'Etat islamique qu'il faut combattre au sol.

Dans une rare expression de regret, mais sans toutefois aller jusqu'à présenter des excuses pour l'intervention de 2003 en Irak, l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair a estimé que l'Occident n'avait pas anticipé que des forces de déstabilisation combleraient le vide politique qui a suivi la chute du dictateur. Nombre d'internautes ont réagi sur les réseaux sociaux en arguant que, s'il était responsable de la création de Daesh, il devrait être jugé en conséquence.

Néanmoins, Tony Blair estime que la région ne se porterait pas mieux si Saddam Hussein était toujours en place. «Il y a une phrase aujourd'hui très courante dans le discours occidental, qui dit : "Vous savez quoi, il serait préférable que ces dictateurs restent au pouvoir." Personnellement, je ne suis pas d'accord avec cela, mais que je sois d'accord ou non n'a aucune importance. Ce que nous a dévoilé le printemps arabe, ce sont des pays avec de jeunes populations, avec des forces radicales y opérant et qui ne vont plus accepter la situation», a-t-il développé.

Un rapport très attendu sur la guerre en Irak

L'ancien locataire du 10 Downing Street n'a pas commenté le Rapport Chilcot, qui sera publié en juillet et pourrait être particulièrement critique envers l'intervention militaire en Irak, l'un des incubateurs à l'origine de l'émergence de groupes extrémistes tels que l'Etat islamique.

A quelques semaines de la publication du rapport, Tony Blair engage l'Occident à envoyer des troupes terrestres au Moyen-Orient pour tenter d'en finir avec l'Etat islamique : «Les forces armées des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de la France et d'autres pays importants ont l'expérience et la capacité, or, même si nous agissons en soutien aux forces locales, nous devons décider de notre objectif, est-il de défaire cet ennemi ? Ma réponse est oui. Selon moi, les vaincre est fondamental, parce que si nous ne le faisons pas, ils viendront nous attaquer ici. Ce n'est pas le combat des autres, c'est aussi notre combat». Certains commentaires, sur Twitter, tentaient, eux, de lui rappeler qu'il y avait à l'heure actuelle sur le terrain des forces parfaitement capables de s'occuper de l'Etat Islamique.

Mais Blair a ajouté que l'Occident ne devrait pas non plus laisser les terroristes de Daesh prendre le contrôle de la Libye : «Nous ne devrions pas douter un seul instant que nous devons aller les combattre sur le terrain.»

Le Royaume-Uni fait partie d'une coalition menant des frappes aériennes contre l'Etat Islamique en Syrie et en Irak. Sur le terrain, les forces armées qui combattent l'Etat islamique sont composées principalement de Kurdes, des armées régulières irakienne et syrienne, ainsi que d'autres groupes armés. Daesh a perdu beaucoup de terrain ces derniers mois, y compris en Irak, où l'armée du pays fond désormais sur Falloujah, ville toujours contrôlée par les terroristes.

Tony Blair n'en est pas à sa première déclaration sur l'actuelle situation au Moyen-Orient, treize ans après l'intervention américano-britannique en Irak. Il avait déjà mentionné en mars 2016, dans un article publié dans le Sunday Times, que des troupes terrestres seraient essentielles pour vaincre Daesh : «Ce n'est pas seulement le combat des forces locales. C'est un défi pour l'Occident. Des troupes au sol sont nécessaires pour gagner ce combat et les nôtres sont les meilleures.»

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