Crise migratoire : les terribles témoignages des réfugiés syriens sur les violences turques

Selon plusieurs ONG, la Turquie joue un double-jeu par rapport aux réfugiés syriens. Source: Reuters
Selon plusieurs ONG, la Turquie joue un double-jeu par rapport aux réfugiés syriens.

Les récits d'attaques de gardes-frontières turcs contre les réfugiés syriens se multiplient. Plusieurs ONG documentent d'effroyables actes de violence. Récemment, un enfant de trois ans aurait perdu la vie.

Début mars, l’ONG Amnesty International avait rapporté son lot d’horreurs. Human Rights Watch (HRW) avait suivi. Entre mars et avril, l’organisation a documenté plusieurs exactions commises par la police des frontières turque. Os brisés, enfants abattus, passeurs battus à mort. Des témoignages indiquent qu'un enfant de trois ans se trouverait parmi les récentes victimes. La Turquie dément fermement ces accusations. Pour autant, les témoignages recueillis par les ONG sont glaçants. 

Sa sœur et son cousin morts à ses côtés

Un des survivant raconte ainsi qu’il a assisté à la mort de sa

sœur et de son cousin près de Khurbat al Juz-Güveççi. Ils étaient alors une vingtaine de proches fuyant les combats qui font rage à Alep. C’était le 17 avril. «Soudainement, alors que nous étions à 500 mètres de la frontière, on a entendu des tirs d’armes automatiques en provenance et les balles sifflaient tout autour de nous», raconte ce témoin qui a pu en réchapper.

Il continue son effroyable récit : «Les femmes se sont mises à hurler et les enfants à pleurer mais les tirs continuaient. On s’est tous jetés au sol, protégeant les enfants. J’étais prêt de mon cousin et de ma sœur. Ils ont été touchés. D’un seul coup, plus de cris. J’ai alors compris qu’ils étaient morts.»

Blessés à la main, touché par une balle, tout comme un de ses cousins et ses filles âgées de cinq et neuf ans, il a pu revenir vivant dans un village syrien, puis il est reparti chercher les corps. Un policier turc lui a donné une quinzaine de minutes pour accomplir sa tâche. «Nous ne tenterons pas de repasser la frontière. C’est trop dangereux», s’est-il résigné.

Un mur de 900 kilomètres

Les rapports des ONG ne concernent pas seulement les réfugiés. Les passeurs seraient aussi pris pour cible par les gardes-frontières turcs. Ainsi, Ghassan, un réfugié, raconte avoir été attaqué le 28 mars. Conduit dans un poste de police avec son passeur, il aurait été témoin du lynchage à mort de ce dernier. Il avait fuit les combats avec sa femme et ses deux jeunes enfants. Son but était de traverser la frontière pour trouver du travail et subvenir aux besoins de sa famille restée dans le camp de Salaheddin en Syrie. «Six gardes nous ont battu violemment pendant un long moment», raconte Ghassan.

Il poursuit : «Ils m’ont frappé à tous les endroits du corps et de la tête, usant de leurs poings, leurs pieds, de matraques et de crosses de fusils. Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ça.» L’homme dit avoir perdu connaissance durant son passage à tabac. «Mieux vaut mourir en Syrie que de tortures de l’autre côté de la frontière», souffle-t-il.

La Turquie a d’ores et déjà achevé la construction de plus d’un tiers de son mur à la frontière avec la Syrie. Il sera long de plus de 900 km. Du côté des autorités d’Ankara, on assure que l’accueil des réfugiés se fait via une politique permissive et en accord avec le droit international. 2,7 millions de réfugiés syriens sont actuellement en Turquie.

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